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9 novembre 1898

Les Bénédictines de Lisieux
J’ai bien besoin de toute votre indulgence, ma Révérende Mère, pour me pardonner mon long retard à vous remercier de l’envoi de la vie, impatiemment attendue par toutes, de notre chère petite Carmélite. La principale raison de ce retard a été mon désir de prendre connaissance du livre avant de vous écrire, afin de pouvoir vous demander un petit renseignement à son sujet dans le cas où il me paraîtrait de nature à faire du bien dans le monde. Or j’ai constaté avec une extrême joie que le but atteint dépassait de beaucoup mes espérances ; c’est donc une chose décidée : nous offrirons en volume de prix à nos élèves, la vie de leur sainte petite compagne. Et maintenant, ma Révérende Mère, essaierai-je de vous dire les saintes impressions qu’a faites sur mon âme la lecture de cette doctrine toute céleste. Je m’y reconnais impuissante tant les choses de l’âme, comme le dit si bien notre chère petite sœur Thérèse de l’Enfant Jésus sont difficiles à exprimer. Essaierai-je au moins de faire l’éloge de cette doctrine, si substantielle et si élevée qu’elle ne peut être, dans cette petite âme, très simple en apparence, qu’une opération du Saint-Esprit lui-même. Hélas ! que serait mon témoignage après celui de tant de voix autorisées ! Je me contenterai donc, ma Révérende Mère, de recommander à vos charitables prières et à celles de vos chères filles la lecture de ce précieux livre que nous allons commencer en communauté la semaine prochaine. J’ai tout lieu d’espérer que cette lecture portera de grands fruits de sanctification dans les âmes, n’en aurai-je d’autre assurance que ce désir exprimé par la sainte enfant de voir sa doctrine de confiance et d’abandon se répandre dans les âmes, et ce gracieux souhait sorti de sa bouche dans les dernières heures de son pèlerinage : « Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre. »