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16 novembre 1898

Carmel de Chambéry

Avant de vous écrire, ma Révérende Mère, nous voulions voir et lire. Toutes nous avons vu et lu. Nous avons vu une vierge-ange descendre du ciel, enseigner l’amour dans un sourire et y remonter. Nous avons lu des pages sublimes. Est-ce Thérèse ? Est-ce Bossuet ? C’est le génie de l’une et la doctrine de l’autre ; c’est le souffle de Dieu dans l’âme d’une sainte et la plume d’un séraphin dans la main d’une enfant. Que nous rete-t-il à faire, ma Révérende Mère ? Lui rendre l’hommage le plus haut de l’admiration humaine : tomber à genoux et prier ! Il nous paraît que tous les carmels de France ont les yeux et le cœur tournés vers le Monastère de Lisieux, le proclamant béni entre les bénis ! Sur son sol sanctifié le Seigneur a posé le pied de l’échelle de Jacob, tenant la cime entre ses bras et les Anges descendent puis remontent au Paradis. Le Roi des Anges en connaît aussi le chemin, et là il a cultivé de sa main divine une fleur, une fleur qui manquait aux jardins immortels ! Maintenant, ma Révérende Mère, il nous reste à vous demander des reliques de la Sainte enfant ; le plus possible, s’il vous plaît, afin que nous puissions couper, ditribuer… Puisque cette petite grande âme va « passer son ciel à faire du bien sur la terre » il faut lui donner de l’ouvrage. Ensuite nous allons écrire aux Supérieures de toutes les Maisons religieuses de Chambéry, à quelques–unes de nos familles et connaissances afin de propager cette vie remarquable, ce sourire de Dieu à la fin de notre pauvre siècle.