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18 novembre 1898

Carmel de Tarbes

Je ne voudrais pas me laisser surprendre par le silence de l’Avent, sans vous avoir remerciée, et de tout cœur, du livre charmant que vous nous avez envoyé. Je dis charmant, ma bonne Mère, non au sens naturel de ce mot qui serait vrai aussi ; mais au sens de l’âme, du bon Dieu, de la pureté, de la simplicité angélique de votre petite Thérèse de l’Enfant Jésus. Jésus l’a charmée, elle a charmé Jésus, comment ne le serions–nous pas nous, à qui vous dévoilez ce très doux et saint amour de Jésus et d’une âme. Nous lisons au réfectoire cette vie ravissante, et nous trouvons toujours le réfectoire trop court, tant nous sommes captivées. Puis il y a dans les confidences, les combats, les luttes de cette chère petite sœur beaucoup d’enseignements pratiques qui peuvent faire grand bien aux âmes. Que vous êtes heureuse, ma Mère, et toutes vos filles avec vous, d’avoir vu passer cet ange en votre cher Carmel qui a été le jardin fermé où la « petite fleur » s’est épanouie et a porté des fruits si doux. Nous avons besoin de postulantes, est-ce que votre petite Maîtresse des novices ne nous en trouverait pas ? Nous allons la prier pour cela. Je vous redis, ma bonne Mère, le bien que vous nous faites par la communication de votre trésor ; toutes nos sœurs en sont dans une douce admiration et émulation. Que j’aime cette simplicité, ce recours enfantin à la tendresse et à la direction de sa Mère, cet abandon à la conduite intime du Saint Esprit, sans ces complications, ces retours sur soi-même qui font rechercher les secours extérieurs.