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décembre 1898

Domin, M. l’abbé, Aumônier de l’Abbaye de Lisieux
Ma Révérende Mère, j’ai lu avec un bonheur inexprimable la vie de Sr Thérèse de l’Enfant Jésus. Comme vous le savez, ma Révérende Mère, j’ai connu autrefois bien intimement cette chère enfant, et je vois encore la petite Thérèse, âgée de six ans, avec ce gracieux sourire, qui, dès lors, pouvait faire penser au divin Enfant dont elle a, depuis, si bien porté le nom... Je ne saurais trop vous remercier, ma révérende Mère, des saintes joies que vous nous avez procurées en publiant cette Histoire d’une Ame appelée à faire tant de bien ; mais voulez-vous me permettre aussi de vous exprimer le désir de voir bientôt paraître une édition d’un prix moins élevé et, par là même, d’une diffusion plus facile. Que les jeunes filles au modeste pécule – et vous savez si elles sont nombreuses – puissent non seulement lire rapidement ce volume, comme l’on fait fait d’un livre emprunté, mais le mettre dans leur bibliothèque pour le revoir à loisir, le méditer, le consulter, le prêter même à des amies qui, fussent-elles moins pieuses, ne résisteront pas au désir de le lire en entier, dès lors qu’elles en auront seulement parcouru quelques pages. Combien de fois en effet, dans l’exercice d’un ministère déjà long, et presque entièrement consacré aux religieuses et aux jeunes filles chrétiennes, combien de fois n’ai-je pas regretté d’avoir à mettre, sous les yeux de nos enfants, si peu de livres qui soient tout à la fois attrayants pour elles, édifiants et instructifs ! Les vies des Saints répondant à ce programme ne sont pas très nombreuses, et nos meilleurs ouvrages de spiritualité ont, en général, un air d’austérité qui les empêchent d’être accueillis comme ils le mériteraient. Mais la vie de Sr Thérèse possède éminemment tout ce qu’il faut pour instruire, plaire et toucher, comme disaient les anciens, et par conséquent porter à la vertu un très grand nombre d’âmes. Je l’ai déjà constaté plus d’une fois. Donnez-nous bientôt, ma révérende Mère, une édition populaire, pour que nous puissions propager ce livre comme il le mérite. Ce sera, n’en doutez pas, entrer dans les désirs de notre sainte Enfant qui du haut du Ciel, veut encore et plus que jamais, faire du bien sur la terre.