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3 Décembre 1898

 

Bellière, R.P., des Pères Blancs. Afrique

Ma Révérende Mère, Que vous dirais-je, sinon un chant de triomphe et de douce joie, si je savais chanter. Je suis ravi, c’est vraiment l’admiration, la reconnaissance et tous les multiples sentiments qui se pressent et se réunissent en celui d’un bonheur intime, profond, inconnu, car il m’a semblé aussi qu’une main invisible « touchait en mon âme des cordes musicales restées jusque là dans l’oubli » puisque j’ai dit sitôt – Allons et faisons comme cette enfant, et qu’il me semble goûter cette paix suave, enfantine qui fut la vie de notre sainte – un sourire cette vie – Comme l’âme se trouve reposée et souriante aussi en la compagnie des anges !... Je les ai lus, relus, appris, ces vers auxquels il ne convient pas de donner une qualité, tant ils surpassent la poësie – c’est un hymne des cieux que tout ce recueil. … Je vais vous quitter et je ne vous ai presque rien dit. Mais aussi, comment dire ce que l’on sent à un si haut point ; je ne pense pas qu’il y ait expression convenable pour cela. Je suis heureux et l’Histoire d’une Ame est un de mes trésors, le livre de toutes les heures, mon « vade mecum » ici et là-bas.