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CAHIER SCOLAIRE
[Un ange au radieux visage]
Un ange au radieux visage Penché sur le bord d'un berceau Semblait contempler son image Comme dans l'onde d'un ruisseau
Charmant enfant qui me ressemble Disait il, oh ! viens avec moi ! Viens nous serons heureux ensemble La terre est indigne de toi
Là jamais entière allégresse ; L'âme y souffre de ses plaisirs Les cris de joie ont leurs tristesses Et les voluptés leurs soupirs.
La crainte est de toutes les fêtes Jamais un jour calme et serein *serin Du choc ténébreux des tempêtes
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N'a garanti le lendemain.
Eh quoi le chagrin les alarmes Viendraient *viendrait troubler ce front si pur, Et par l'amertume des larmes Se terniraient ces yeux d'azur !
Non non dans les champs de l'espace Avec moi tu vas t'envoler ; La providence te fait grâce Des jours que tu devais couler.
Que personne dans ta demeure N'obscurcisse ses vêtements Qu'on accueille ta dernière heure Ainsi que tes premiers instants.
Que les fronts y soient sans nuage, Que rien n'y révèle un tombeau ; Quand on est pur comme à ton âge La dernier jour est le plus beau
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Et secouant ses blanches ailes, L'ange à ces mots prit son essor *essort Vers les demeures éternelles Pauvre mère ton fils est mort
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[Un petit écureuil]
Un petit écureuil bien vif, bien sémillant Avait son nid sur un vieux hêtre Vivait heureux libre et content Dans le bois qui l'avait vu naître Au milieu de ce bois une ferme un verger Un magnifique potager Lui fournissait en abondance Des fruits à savourer et des noix à ronger. C’était assez pour lui ; car dès sa tendre enfance Ses parents par nécessité *nécisité, Ou peut être par prévoyance, Avaient formé son goût *gout à la sobriété Rien n'était si doux que sa vie ;
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Liberté tout entière et plaisirs innocents, N'est ce pas de quoi faire envie ? Il était le premier au retour du printemps *primtemps A voir la forêt embellie *embélie De jeunes fleurs et de bourgeons naissants. Aucun souci dans sa retraite, Ne venait troubler son sommeil *someil. Et le matin à son réveil Il allait faire sa toilette Aux premiers rayons du soleil, Se peignait, s'arrangeait se redressait l'oreille De sa queue en panache il ombrageait son dos, Et se réchauffait en repos, Sans crainte pour demain, sans regrets de la veille. C’était charmant voilà qu'un beau matin Le museau propre et les pattes bien nettes Notre écureuil allant à la chasse aux noisettes Trouve un gros rat sur son chemin, Il salue avec politesse, Le rat l'accoste *acoste et veut nouer un entretien « Mon cher enfant dit il sans que cela paraisse
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D'être utile j'ai le moyen ; Votre figure m'intéresse, Et je serais charmé de vous faire du bien ; Que cherchez vous ici ? parlez avec franchise ; Je suis tout prêt à vous servir. Voulez vous que je vous conduise Où vous trouverez à choisir Sucre, biscuits, gâteaux *gateaux, fromage de Hollande, Pour vous régaler à loisir ? - Monsieur dit l'écureuil une petite amande Est tout ce qu'il me faut pour mon simple repas Je vous suis obligé, mais je ne connais pas
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Les mets dont vous parlez. – Vous plaisantez je pense Le sucre vous est inconnu - Vraiment oui. Se peut il ? Vous n'avez pas vécu Mon cher ; vous ignorez ce que la Providence A voulu faire pour nous De plus doux. Et les biscuits et le fromage ? - Moi, je ne les connais, Monsieur, pas davantage. - Ah *A pauvre enfant que je vous plains
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Suivez moi dans cette chaumière C'est là que vous verrez. – Oh ! non, monsieur je crains De désobéir à mon père. Il m'a bien souvent défendu D'entrer dans les maisons des hommes. Ils sont nos ennemis de tous tant que nous sommes. Fuis les bien, m'a t il dit, ou tu seras perdu. – Votre père a voulu vous effrayer sans doute, Reprit le rat ; mais, voyez, moi, J'y vais sans cesse, et par ma foi, Je n'y vois rien que je redoute, – Vous croyez ? Je vous jure. – Eh bien donc je vous suis L'écureuil en tremblant trotte jusqu'à l'office Le sucre lui parut exquis. Le rat riait avec malice : "A présent dit il, mon cher fils, Goûte à ce morceau de fromage.» L'écureuil mord ... Soudain avec un grand tapage Un trébuchet tombe ... Il est pris. Le rat se sauve ; on vient ; on met dans une cage Le pauvre écureuil confondu
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Il pleure, il se désole, et dit en son langage ; Adieu, nid paternel ! liberté, frais ombrage ! Un mauvais conseil m'a perdu
[Nage mon beau vaisseau]
Nage mon beau vaisseau disait un petit mousse, Echappé du logis où *ou sa mère pleurait ; Gonflez *Glonflez-vous en ballon, voiles que le vent pousse. Oh ! j’aime à manœuvrer, dès que le jour paraît Sur les haubans, mouvante échelle Je vais quand le sifflet m’appelle ; Je monte au grand mât du vaisseau Arbre des mers qu’on dresse ou penche, Dont la vergue semble [la branche] *blanche, Dont le petit mousse est l’oiseau.
La brise est douce, et moi joyeux car mon cœur chante
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Et tourne sur le vent. La mer sur son manteau
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N’a que de légers plis qu’un peu d’écume argente Sur ses flots cadencés mon brick semble un berceau Ma lampe d’or est une étoile, Mon rideau qui flotte est le voile ; Hélas ! là jamais au réveil, Ma pauvre mère n’est assise ; J’ai la caresse de la brise Avec le baiser du soleil.
Montons sur les haubans, allez la tâche est douce ! Oh ! sur les vergues, je grimpe avec orgueil *orgeuil! Pour les arbres du mât *mat Dieu fit les pieds du mousse Pour les arbres des bois, les pieds de l’écureil. Sans peur je m’élance à la hune, Peut-être jusqu’à *j’usqu’à la fortune, Sur mes cordages déliés ; Je manœuvre dans la tempête Excepté mon cœur et ma tête, Rien n’est plus léger *l’égei que mes pieds
Pendant que le flot gronde avec le capitaine, De tribord *tribor à babord moi je vais en chantant
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Petits amis, parqués sur la rive lointaine, A vous le sol, à moi l’océan palpitant A vous le toit fixe au rivage, A moi la maison qui voyage Le monde où je cours triomphant, Les îles, les fleurs de leur robes, A moi donc la boule du Globe, A vous quelques balles d’enfant.
La méditerranée avec sa vague molle A balancé mon brick comme un léger berceau L’océan l’a lancé comme un hamac *amac qui vole ; Oh ! que de vastes mers ont poussé mon vaisseau ! J’ai vu de l’Inde à la Norvège Des cieux pleins de jours pleins de neige ; Les plus ternes étaient joyeux *joxeux, J’y trouvais toujours quelques flammes, Car la gaieté*gaité qui luit dans l’âme Est le soleil de tous les cieux.
J’ai vu l’enfant lapon nain de la fée Urgele
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J’ai vu l’enfant d’Egypte et j’ai mis son turban.
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J’ai couru sur le sable auprès de la gazelle Et sur la glace auprès du renne et de l’élan Le petit nègre des savanes A pris pour moi sur des lianes, L’oiseau mouche au vol chatoyant Car dans son pays où tout change, Le ciel a fait, caprice étrange, L’enfant noir et l’oiseau brillant
Mais quel bruit sur le pont, qui parle de naufrage, Carguez la voile enfant voici, dit-on, l’orage
On signale ô mon Dieu des récifs sur ses bords, Sauvez-nous, Notre-Dame ! La mer rugit bondit fait mouvoir son grand corps Dont la tempête est l’âme L’ouragan bat les flots montant comme l’*Attelas [sic] Veinés comme le marbre.
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D’un coup d’aile il pourrait *pourait nous détacher des mâts *mats Comme des feuilles d’arbres Qu’importe, manoeuvrons suspendus sur la mort, L’enfant a son courage, Quand le cœur est de fer le bras est toujours fort O mon petit village ! O ma mère elle prie aux pieds du crucifix, Pour ma vie éphémère : L’ouragan va bientôt briser le corps du fils, Et le cœur de la mère …… »
Mais quels cris !… son brick touche un récif d’un seul bord Rugissantes et fières *fiêres Les vagues en fureur escaladent le pont, En dressant leurs crinières. Sur un tronçon de mât implorant un ciel sourd L’enfant monte il chancelle Et le flot le poursuit comme un enfant qui court Après une gazelle.
Vierge priez pour lui, le flot monte toujours
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[Un pauvre se tenait]
I Un pauvre se tenait au portail d'une Eglise Accroupi Il paraissait souffrant, et, sous sa barbe grise, Décrépit. Il disait aux passants : « Une petite obole, S'il vous plaît !
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C'est pour l'amour de Dieu. » Mais la foule frivole S'en allait II Un savant s'arrêta, touché de la demande, Et tirant Quelques sous de sa bourse, il en fit l'humble offrande Au mendiant, Lui disant doucement : « Ami je vous souhaite ! Le bonjour. » Le mendiant répliqua : « Pour moi, c'est une fête Chaque jour III Quoi ? vous êtes heureux quand la foule qui passe
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Ne met rien ? « Oui, Dieu le veut ainsi, c'est encore une grâce Pour mon bien.» « Vous êtes donc heureux, malgré votre vieillesse *viellesse Vos douleurs ? » « Les souffrances pour Dieu, Monsieur, sont une liesse Et des fleurs. » IV « Et qui donc êtes vous, mendiant à l'âme fraîche *fraiche Plus que moi ? » Le pauvre répondit dressant sa tête blanche : « Je suis roi ! » – Roi ! mais de quel pays ? » – « Roi, Monsieur de moi même. En gardant Mes passions au joug, je règne en roi suprême Là dedans. » V « Et si Dieu vous jetait aux flammes éternelles Au trépas ? » « Je saisirais si fort ses deux mains paternelles, Que là bas Il descendrait aussi ; dès lors, plus de supplice Éternel.
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Car vivre avec son Dieu, Monsieur, oh! quel délice ! C’est le Ciel. » VI « Qui donc vous instruisit, homme à l'air si fragile, Sans appuis ? » « Ma mère me fit lire autrefois l’Évangile, Et depuis J'ai vécu sous sa loi.» Le savant, tête basse, S'en alla. L'histoire du mendiant, héros sous la besace Finit là.
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Le Pain de chez nous ou L'Eucharistie
C'était en Février de l’année effrayante La France, déchirée, épuisée, haletante *halletante Comme un blessé qui rend son suprême soupir Dans un dernier sanglot achevait de mourir : Dans les sentiers neigeux la malheureuse armée Qu'en un honteux traité *trété l’on avait oubliée *oublié Allait semant au loin dans ce long champ de deuil *dueil
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Quelque pauvre soldat, comme en un blanc linceul.
Un mobile breton, enfant de la bruyère Triste sur son grabat se mourait de misère. Il avait au pays là bas laissé son coeur Son père vieux chouan, sa mère et puis sa soeur Puis deux frères aînés *ainés qui, pour servir la France Étaient aussi partis. – C'était là sa douleur et cela le tuait. Dans un dernier désir il avait dit un soir : « Soeur avant de mourir, je voudrais voir mon Père, Et la soeur infirmière avait écrit ses voeux à la pauvre chaumière. Et la lettre arriva, presque comme un bienfait Car dans l'humble logis, tous les soirs on pleurait L'enfant était mourant, mais il pouvait renaître Au village, en Bretagne, il reviendrait peut être, Comme les deux aînés *ainés qui sauvés du trépas Un jour étaient venus se jeter dans leurs bras. Et dans un coin obscur de l'armoire de Chêne Le père avait tiré d'une bourse de laine
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Quelques *Quelles-que vieux louis d'or, qu'en des jours de bonheur Il avait enfermé pour les jours de malheur *malheurs Puis il était parti sans songer que la route Était longue et qu'au bout… Mais non l'horrible doute N'avait pas effleuré son coeur. Et plein d'espoir il arrive Mon fils ! mon fils ; je veux le voir. A l'hospice Il accourt…: Mon fils c'est moi ! Mon père Ah je le savais bien que vous alliez venir. Mon père votre main, merci !.. je puis mourir. Non ! tu ne mourras pas. Tiens vois ma bourse est pleine Tu sais bien le trésor de l'armoire de Chêne ? J'ai tout pris ! nous allons te nourrir comme un roi : Toujours je serai près de toi… Mon père... quittez cette chimère, car je ne mange plus je n'ai plus jamais faim. Et le père pleurait ! tout à coup sous sa main Comme un dernier secours *secour que son ange lui garde Il sent un objet dur… il le prend … le regarde... C'est un gros pain de seigle un pain noir qu'au logis il a pris en partant.
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Tiens dit il à *a son fils, ta mère l'a pétri. Ma mère ! Oh que je voie.
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Le bon pain qu'au pays je mangeais avec *avais joie *goie Il le prend le regarde…D'un flot de sang vermeil Sa lèvre se colore…… L'enfant était sauvé…Vers la douce bruyère Il revint tout joyeux. Puis embrassant sa mère Oh mère, lui dit il ils seraient sauvés tous S'ils mangeaient comme moi du bon pain de chez nous
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Chrétiens il est au Ciel, notre belle patrie Un pain que Dieu nous garde et qui nous rend la vie Ce pain…C’est le froment broyé pour les élus C’est le divin remède et ce pain c’est Jésus C’est Jésus dont le sang circule dans nos veines Quand victime d’amour il vient guérir*gérir nos peines C’est la coupe que tend l’auguste médecin Se penchant vers celui qui râle *rale et qui s’éteint Se donnant tout entier au moribond qui souffre Arrachant la pauvre âme au vertige du gouffre La pauvre âme qui tremble et qui semble oublier Que Dieu seul est puissant et seul peut la sauver Ah que le moribond tout meurtri de souffrance
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S’appelle le prochain ou se nomme la France Qu’il soit faible ou puissant !... il n’importe il a faim Donnez vite peut-être il sera mort demain Pauvre France demain sans guide sur la route Elle aura pour toujours expiré dans le doute Quand le pain de chez nous peut lui rendre la vie Chrétiens serions-nous sourds aux cris de la patrie Ces saints religieux qu’on proscrit *proscrits et qu’on chasse Qui ne savent qu’aimer prier et crier grâce Prosternés à genoux à vos *vous pieds o *au Seigneur Préparant chaque jour le pain pour le pécheur
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[vierges]
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4 juin 1887 :
Extrait de Fin du monde Présent et mystère de la vie future. Conférence sur le Ciel par l’abbé Arminjon.
….Et le Dieu reconnaissant s’écrie ! Maintenant mon tour. Au don que les saints m’ont fait
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d’eux-mêmes, puis-je répondre autrement qu’en me donnant moi-même, sans restriction et sans mesure. Si je mets entre les mains de ceux qui m’ont servi fidèlement le sceptre de la création, si je les investis des torrents de ma lumière, c’est beaucoup, c’est aller plus loin que se sont jamais élevés, leurs sentiments et leurs espérances ; mais ce n’est pas le dernier effort de mon cœur ; je leur dois plus que le paradis, plus que les trésors de ma science, je leur dois ma vie, ma substance éternelle et infinie
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-... Si je fais entrer dans ma maison mes serviteurs et mes amis, si je les console, les fais tressaillir *tréssaillir sous le charme de ma tendresse, en les pressant dans les étreintes de mon amour, c’est étancher surabondamment leur soif et leurs désirs, plus qu’il n’est requis pour le repos parfait de leur cœur ; mais c’est insuffisant pour le contentement parfait de mon cœur divin, l’étanchement et la satisfaction parfaite de mon amour. Il faut que je sois l’âme de leur âme, que je les pénètre et les imbibe de ma Divinité comme le feu imbibe le fer ; que me montrant à leur esprit, sans nuage, sans voile, sans l’intermédiaire des sens, je m’unisse à eux par un face à face éternel, que ma gloire les illumine, qu’elle transpire et rayonne par tous les pores de leur être, afin que « me connaissant comme je les connais, ils deviennent des Dieux
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eux-mêmes.» - O mon père, s’écriait Jésus-Christ : « je vous l’ai demandé, que là où je suis, ceux que j’ai aimés y soient avec moi.» Qu’ils s’abîment et se perdent dans les profondeurs de l’Océan de mes clartés ; qu’ils désirent, qu’ils possèdent, qu’ils jouissent, qu’ils possèdent et désirent encore, qu’ils disparaissent dans le sein de votre béatitude et qu’il ne reste en quelque sorte, de leur personnalité, que la connaissance et le sentiment de leur bonheur.
5 juin 87 Dans le ciel la félicité est stable ; les élus confirmés en gloire sont inaccessibles à la crainte. Les siècles succéderont *succedront aux siècles sans diminuer leur félicité, sans répandre sur leurs fronts un seul nuage de tristesse. La certitude de posséder éternellement les biens qui
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leur sont chers, en centuple la douceur. Quel sujet de jubilation, lorsqu’ *l’orsqu’après des milliers de siècles écoulés, considérant *considerant dans le lointain *loitain du passé, le jour où ils firent leur ascension triomphante, ils diront : rien n’est encore passé, c’est aujourd’hui que je règne, aujourd’hui que je suis en possession de mon bonheur, et je les posséderai tant que Dieu sera Dieu, c’est à dire : Toujours, toujours !…
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