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Ms C 02v

après leur mort, pas le moindre souvenir, le moindre écrit. Il en est au contraire, comme notre Mère Ste Thérèse, qui ont enrichi l'église de leurs sublimes révélations ne craignant pas de révéler les secrets du Roi, afin qu'Il soit plus connu, plus aimé des âmes. Lequel de ces deux genres de saints plaît le mieux au Bon Dieu ? Il me semble, ma Mère, qu'ils lui sont également agréables, puisque tous ont suivi le mouvement de l'Esprit Saint et que le Seigneur a dit : Dites au Juste que tout est bien. Oui tout est bien, lorsqu'on ne recherche que la volonté de Jésus, c'est pour cela que moi, pauvre petite fleur, j'obéis à Jésus en essayant de faire plaisir à ma Mère bien-aimée.

Vous le savez, ma Mère, j'ai toujours désiré d'être une sainte, mais hélas ! j'ai toujours constaté, lorsque je me suis comparée aux saints, qu'il y a entre eux et moi la même différence qui existe entre une montagne dont le sommet se perd dans les cieux et le grain de sable obscur foulé aux pieds des passants ; au lieu de me décourager, je me suis dit : Le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables, je puis donc malgré ma petitesse aspirer à la sainteté ; me grandir, c'est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections ; mais je veux chercher le moyen d'aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle. Nous sommes dans un siècle d'inventions, maintenant ce n'est plus la peine de gravir les marches d'un