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Ms C 05r

de joie... Cependant comme notre lampe était soufflée, je me dis qu'il fallait attendre au matin pour m'assurer de mon bonheur, car il me semblait que c'était du sang que j'avais vomi. Le matin ne se fit pas longtemps attendre, en m'éveillant je pensai tout de suite que j'avais quelque chose de gai à apprendre et en m'approchant de la fenêtre je pus constater que je ne m'étais pas trompée... Ah ! mon âme fut remplie d'une grande consolation, j'étais intimement persuadée que Jésus au jour anniversaire de sa mort voulait me faire entendre un premier appel. C'était comme un doux et lointain murmure qui m'annonçait l'arrivée de l'époux...

Ce fut avec une bien grande ferveur que j'assistai à Prime et au chapitre des pardons. J'avais hâte de voir mon tour arriver afin de pouvoir, en vous demandant pardon, vous confier, ma Mère bien-aimée, mon espérance et mon bonheur ; mais j'ajoutai que je ne souffrais pas du tout (ce qui était bien vrai) et je vous suppliai, ma Mère, de ne me donner rien de particulier. En effet j'eus la consolation de passer la journée du Vendredi Saint comme je le désirais. Jamais les austérités du Carmel ne m'avaient semblé aussi délicieuses, l'espoir d'aller au Ciel me transportait d'allégresse. Le soir de ce bienheureux jour étant arrivé, il fallut se reposer, mais comme la nuit précédente, le bon Jésus me donna le même signe que mon entrée dans l'éternelle vie n'était pas éloignée... Je jouissais alors d'une foi si vive, si claire, que la pensée du Ciel faisait tout mon bonheur, je ne pou- [pouvais]