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Ms C 08r

Ma Mère chérie, je suis tout étonnée en voyant ce que je vous ai écrit hier, quel griffonnage !... ma main tremblait de telle sorte qu'il m'a été impossible de continuer et maintenant je regrette même d'avoir essayé d'écrire, j'espère qu'aujourd'hui je vais le faire plus lisiblement, car je ne suis plus dans le dodo mais dans un joli petit fauteuil tout blanc.

O ma Mère, je sens bien que tout ce que je vous dis n'a pas de suite, mais je sens aussi le besoin avant de vous parler du passé de vous dire mes sentiments présents, plus tard peut-être en aurai-je perdu le souvenir. Je veux d'abord vous dire combien je suis touchée de toutes vos délicatesses maternelles, ah ! croyez-le, ma Mère bien-aimée, le coeur de votre enfant est rempli de reconnaissance, jamais il n'oubliera tout ce qu'il vous doit...

Ma Mère, ce qui me touche par-dessus tout, c'est la neuvaine que vous faites à N.D. des Victoires, ce sont les messes que vous faites dire pour obtenir ma guérison. Je sens que tous ces trésors spirituels font un grand bien à mon âme ; au commencement de la neuvaine, je vous disais, ma Mère, qu'il fallait que la Ste Vierge me guérisse ou bien qu'elle m'emporte dans les Cieux, car je trouvais cela bien triste pour vous et pour la communauté d'avoir la charge d'une jeune religieuse malade ; maintenant je veux bien être malade toute ma vie si cela fait plaisir au bon Dieu et je consens même à ce que ma vie soit très longue, la seule grâce