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Ms C 08v

que je désire, c'est qu'elle soit brisée par l'amour.

Oh ! non, je ne crains pas une longue vie, je ne refuse pas le combat car le Seigneur est la roche où je suis élevée, qui dresse mes mains au combat et mes doigts à la guerre. Il est mon bouclier, j'espère en Lui - Ps. cxliii - aussi jamais je n'ai demandé au bon Dieu de mourir jeune, il est vrai que j'ai toujours espéré que c'est là sa volonté. Souvent le Seigneur se contente du désir de travailler pour sa gloire et vous savez, ma Mère, que mes désirs sont bien grands. Vous savez aussi que Jésus m'a présenté plus d'un calice amer qu'il a éloigné de mes lèvres avant que je le boive, mais pas avant de m'en avoir fait savourer l'amertume. Mère bien-aimée, le Saint roi David avait raison lorsqu'il chantait : Qu'il est bon, qu'il est doux pour des frères d'habiter ensemble dans une parfaite union. C'est vrai, je l'ai senti bien souvent, mais c'est au sein des sacrifices que cette union doit avoir lieu sur la terre. Ce n'est point pour vivre avec mes soeurs que je suis venue au Carmel, c'est uniquement pour répondre à l'appel de Jésus ; ah ! je pressentais bien que ce devait être un sujet de souffrance continuelle de vivre avec ses soeurs, lorsqu'on ne veut rien accorder à la nature.

Comment peut-on dire que c'est plus parfait de s'éloigner des siens ?... A-t-on jamais reproché à des frères de combattre sur le même champ de bataille, leur a-t-on reproché de voler ensemble pour cueillir la palme du martyre ?... Sans doute, on a jugé