Imprimer

Ms C 16v

je suis bien imparfaite. Par exemple dans l'emploi de peinture rien n'est à moi, je le sais bien ; mais si, me mettant à l'ouvrage, je trouve pinceaux et peintures tout en désordre, si une règle ou un canif a disparu, la patience est bien près de me m'abandonner et je dois prendre mon courage à deux mains pour ne pas réclamer avec amertume les objets qui me manquent. Il faut bien parfois demander les choses indispensables, mais en le faisant avec humilité on ne manque pas au commandement de Jésus ; au contraire, on agit comme les pauvres qui tendent la main afin de recevoir ce qui leur est nécessaire, s'ils sont rebutés ils ne s'étonnent pas, personne ne leur doit rien. Ah ! quelle paix inonde l'âme lorsqu'elle s'élève au-dessus des sentiments de la nature... Non, il n'est pas de joie comparable à celle que goûte le véritable pauvre d'esprit. S'il demande avec détachement une chose nécessaire, et que non seulement cette chose lui soit refusée, mais encore qu'on essaie de prendre ce qu'il a, il suit le conseil de Jésus : Abandonnez même votre manteau à celui qui veut plaider pour avoir votre  robe...

Abandonner son manteau c'est, il me semble, renoncer à ses derniers droits, c'est se considérer comme la servante, l'esclave des autres. Lorsqu'on a quitté son manteau, c'est plus facile de marcher, de courir, aussi Jésus ajoute-t-Il : Et qui que ce soit qui vous force de faire mille pas, faites-en deux mille de plus avec lui. Ainsi