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Ms C 18r

charité purement spirituelle. Je suis bien sûre que je ne vais pas tarder à mêler l'une avec l'autre mais, ma Mère, puisque c'est à vous que je parle, il est certain qu'il ne vous sera pas difficile de débrouiller l'écheveau de votre enfant.

Ce n'est pas toujours possible, au Carmel, de pratiquer à la lettre les paroles de l'évangile, on est parfois obligé à cause des emplois de refuser un service, mais lorsque la charité a jeté de profondes racines dans l'âme elle se montre à l'extérieur. Il y a une façon si gracieuse de refuser ce qu'on ne peut donner, que le refus fait autant de plaisir que le don. Il est vrai qu'on se gêne moins de réclamer un service à une soeur toujours disposée à obliger, cependant Jésus a dit : «N'évitez point celui qui veut emprunter de vous.» Ainsi sous prétexte qu'on serait forcée de refuser, il ne faut pas s'éloigner des soeurs qui ont l'habitude de toujours demander des services. Il ne faut pas non plus être obligeante afin de le paraître ou dans l'espoir qu'une autre fois la soeur qu'on oblige vous rendra service à son tour, car Notre-Seigneur a dit encore : «Si vous prêtez à ceux de qui vous espérez recevoir quelque chose, quel gré vous en saura-t-on? car les pécheurs mêmes prêtent aux pécheurs afin d'en recevoir autant. Mais pour vous, faites du bien, prêtez sans en rien espérer, et votre récompense sera grande. » Oh oui ! la récompense est grande, même sur la terre... dans cette voie il n'y a que le premier pas qui coûte. Prêter sans en rien espérer, cela paraît dur à la nature ; on aimerait mieux donner, car une chose donnée