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Ms C 20r

elles en concluent que Jésus les aime moins que cette âme et qu'elles ne peuvent être appelées à la même perfection. ‑ Depuis quand le Seigneur n'a-t-Il plus le droit de se servir d'une de ses créatures pour dispenser aux âmes qu'Il aime la nourriture qui leur est nécessaire ? Au temps de Pharaon le Seigneur avait encore ce droit, car dans l'écriture Il dit à ce monarque : «Je vous ai élevé tout exprès pour faire éclater en vous ma puissance, afin qu'on annonce mon nom par toute la terre.» Les siècles ont succédé aux siècles depuis que le Très-Haut prononça ces paroles et depuis, sa conduite n'a pas changé, toujours Il s'est servi de ses créatures comme d'instruments pour faire son oeuvre dans les âmes.

Si la toile peinte par un artiste pouvait penser et parler, certainement elle ne se plaindrait pas d'être sans cesse touchée et retouchée par un pinceau et n'envierait pas non plus le sort de cet instrument, car elle saurait que ce n'est point au pinceau mais à l'artiste qui le dirige qu'elle doit la beauté dont elle est revêtue. Le pinceau de son côté ne pourrait se glorifier du chef-d'oeuvre fait par lui, il sait que les artistes ne sont pas embarrassés, qu'ils se jouent des difficultés et se plaisent à choisir parfois des instruments faibles et défectueux...

Ma Mère bien-aimée, je suis un petit pinceau que Jésus a choisi pour peindre son image dans les âmes que vous m'avez confiées. Un artiste ne se sert pas que d'un pinceau, il lui en faut au moins deux ; le premier est le plus utile, c'est avec lui qu'il donne les teintes générales,