Choix d'un folio Manuscrit C

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Ms C 24r

la force, vous n'aurez rien. » Moi je sais que nul n'est bon juge dans sa propre cause et qu'un enfant auquel un médecin fait subir une douloureuse opération ne manquera pas de jeter les hauts cris et de dire que le remède est pire que le mal ; cependant s'il se trouve guéri peu de jours après, il est tout heureux de pouvoir jouer et courir. Il en est de même pour les âmes, bientôt elles reconnaissent qu'un peu d'amertume est parfois préférable au sucre et ne craignent pas de l'avouer. Quelquefois je ne puis m'empêcher de sourire intérieurement en voyant quel changement s'opère du jour au lendemain, c'est féerique... On vient me dire : ‑ «Vous aviez raison hier d'être sévère, au commencement cela m'a révoltée, mais après je me suis souvenue de tout et j'ai vu que vous étiez très juste... écoutez: en m'en allant je pensais que c'était fini, je me disais: «Je vais aller trouver notre Mère et lui dire que je n'irai plus avec ma Sr Th. de l'Enf. Jésus. » Mais j'ai senti que c'était le démon qui m'inspirait cela et puis il m'a semblé que vous priiez pour moi, alors je suis restée tranquille et la lumière a commencé à briller, mais maintenant il faut que vous m'éclairiez tout à fait et c'est pour cela que je viens. » La conversation s'engage bien vite ; moi je suis tout heureuse de pouvoir suivre le penchant de mon coeur, en ne servant aucun met amer. Oui mais... je m'aperçois vite qu'il ne faut pas trop s'avancer, un mot pourrait détruire le bel édifice construit dans les larmes. Si j'ai le malheur de dire une parole qui semble atténuer ce que j'ai dit la veille, je vois ma petite soeur