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Ms C 30r

je voyais les briques de notre cloître austère, à peine éclairé par une faible lueur. Je ne puis exprimer ce qui se passa dans mon âme, ce que je sais c'est que le Seigneur l'illumina des rayons de la vérité qui surpassèrent tellement l'éclat ténébreux des fêtes de la terre, que je ne pouvais croire à mon bonheur... Ah ! pour jouir mille ans des fêtes mondaines, je n'aurais pas donné les dix minutes employées à remplir mon humble office de charité... Si déjà dans la souffrance, au sein du combat, on peut jouir un instant d'un bonheur qui surpasse tous les bonheurs de la terre, en pensant que le bon Dieu nous a retirées du monde, que sera-ce dans le Ciel lorsque nous verrons, au sein d'une allégresse et d'un repos éternels, la grâce incomparable que le Seigneur nous a faite en nous choisissant pour habiter dans sa maison, véritable portique des Cieux ?...

Ce n'est pas toujours avec ces transports d'allégresse que j'ai pratiqué la charité, mais au commencement de ma vie religieuse, Jésus voulut me faire sentir combien il est doux de le voir dans l'âme de ses épouses ; aussi lorsque je conduisais ma soeur St Pierre, je le faisais avec tant d'amour qu'il m'aurait été impossible de faire mieux si j'avais dû conduire Jésus lui-même. La pratique de la charité ne m'a pas toujours été si douce, je vous le disais à l'instant, ma Mère chérie ; pour vous le prouver, je vais vous raconter certains petits combats qui certainement vous feront sourire. Longtemps, à l'oraison du soir, je fus placée devant une soeur qui avait une drôle de manie, et je pense... beaucoup du lumières, car elle se servait rarement d'un livre. Voici comment je