Choix d'un folio Manuscrit C

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Ms C 35r

Votre amour m'a prévenue dès mon enfance, il a grandi avec moi, et maintenant c'est un abîme dont je ne puis sonder la profondeur. L'amour attire l'amour, aussi, mon Jésus, le mien s'élance vers vous, il voudrait combler l'abîme qui l'attire, mais hélas ! ce n'est pas même une goutte de rosée perdue dans l'océan !... Pour vous aimer comme vous m'aimez, il me faut emprunter votre propre amour, alors seulement je trouve le repos. O mon Jésus, c'est peut-être une illusion, mais il me semble que vous ne pouvez combler une âme de plus d'amour que vous n'en avez comblé la mienne ; c'est pour cela que j'ose vous demander d'aimer ceux que vous m'avez donnés comme vous m'avez aimée moi-même. Un jour, au Ciel, si je découvre que vous les aimez plus que moi, je m'en réjouirai, reconnaissant dès maintenant que ces âmes méritent votre amour bien plus que la mienne ; mais ici-bas, je ne puis concevoir une plus grande intensité d'amour que celle qu'il vous a plu de me prodiguer gratuitement sans aucun mérite de ma part.

Ma Mère chérie, enfin je reviens à vous ; je suis tout étonnée de ce que je viens d'écrire, car je n'en avais pas l'intention, puisque c'est écrit il faut que ça reste, mais avant de revenir à l'histoire de mes frères, je veux vous dire, ma Mère, que je n'applique pas à eux mais à mes petites soeurs, les premières paroles empruntées à l'évangile : Je leur ai communiqué les paroles que vous m'avez communiquées, etc. car je ne me crois pas capable d'instruire des missionnaires, heureusement je ne suis pas encore assez orgueilleuse pour cela ! Je n'aurais pas davantage été capable