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Ms C 35v

de donner quelques conseils à mes soeurs, si vous, ma Mère, qui me représentez le bon Dieu, ne m'aviez donné grâce pour cela

C'est au contraire à vos chers fils spirituels qui sont mes frères que je pensais en écrivant ces paroles de Jésus et celles qui les suivent ‑ «Je ne vous prie pas de les ôter du monde... je vous prie encore pour ceux qui croiront en vous sur ce qu'ils leur entendront dire.» Comment, en effet, pourrais-je ne pas prier pour les âmes qu'ils sauveront dans leurs missions lointaines par la souffrance et la prédication ?

Ma Mère, je crois qu'il est nécessaire que je vous donne encore quelques explications sur le passage du Cantique des cantiques : ‑ «Attirez-moi, nous courrons» car ce que j'en ai voulu dire me semble peu compréhensible. «Personne, a dit Jésus, ne peut venir après moi, si mon père qui m'a envoyé ne l'attire.» Ensuite par de sublimes paraboles, et souvent sans même user de ce moyen si familier au peuple, Il nous enseigne qu'il suffit de frapper pour qu'on ouvre, de chercher pour trouver et de tendre humblement la main pour recevoir ce que l'on demande... Il dit encore que tout ce que l'on demande à son Père en son nom, Il l'accorde. C'est pour cela sans doute que l'Esprit Saint, avant la naissance de Jésus, dicta cette prière prophétique : Attirez-moi, nous courrons.

Qu'est-ce donc de demander d'être Attiré, sinon de s'unir d'une manière intime à l'objet qui captive le coeur ? Si le feu et le fer avaient la raison et que ce dernier disait à l'autre : Attire-moi, ne prouverait-il pas qu'il désire s'identifier au feu de manière qu'il le pénètre