Imprimer

Sr Marie du Sacré Coeur à M. Guérin - 12 janvier 1909

Sr Marie du Sacré Coeur à M. Guérin  

J.M.J.T.                                                                                   Mardi 12 Janvier 09

Jésus !

   Mon petit oncle chéri,

C'est Notre Mère qui m'envoie vous écrire pour vous demander aide et protection. Elle a écrit à Francis ces jours-ci au sujet du certificat que petite Mère désire tant, mais Francis est si surchargé qu'elle craint qu'il oublie et si nous n'avons pas cela pour la fête de la petite Mère rien autre chose ne lui fera plaisir. Aussi mon petit paponcle vous voudrez bien n'est-ce pas le lui rappeler. Il faut que ce miracle soit bien vrai car si vous saviez ce qui est arrivé hier soir à Notre Mère.

Avant Matines elle était dans son dépôt, elle écrivait à M. Pollit et se disait : Faut-il que je lui raconte la guérison de la petite aveugle ? Je lui envoie le miracle de Londres, vraiment ce n'est pas la peine que je me donne tant de mal. Et puis je souffre tant dans le dos d'écrire ainsi continuellement. - Puis elle se dit ; après tout je ne vais pas faire attention à ma fatigue, je vais l'écrire peut-être cela pourra -t-il servir à sa cause. Et la voilà qui continue sa lettre ; enfin Matines sonne, Notre Mère descend au Choeur et trop fatiguée pour y rester jusqu'à la fin elle s'en va à Laudes et monte dans sa cellule pour achever son office. Lorsqu'elle a fini Laudes elle ouvre la porte de son dépôt qui donne immédiatement dans sa cellule, mais à peine l'a-t-elle entr'ouverte qu'il lui vient de telles bouffées d'encens qu'elle recule instinctivement tout émue de ce prodige. Elle savait bien ce que cela voulait dire, mais le surnaturel fait toujours

.... passage coupé.

la guérison de la petite ...

Maintenant mon petit paponcle j'ai encore une grâce à vous demander. Je sais que vous êtes bien fatigué vous aussi, mais que je serais heureuse si vous pouviez écrire quelques lignes seulement à ce pauvre Père Chêné. Nous avons lu la lettre qu'il vous a écrite, c'est navrant.

Que voulez-vous ? J'ai trop bon coeur. Tous les malheureux et les déshérités me font une pitié noire.

Tout à l'heure je viens d'ouvrir la porte à un pauvre charbonnier qui nous apporte du charbon. Il avait une veste tellement déchirée que cela m'a encore fait pitié. J'ai demandé au bon Dieu qu'il sauve au moins l'âme de ce pauvre homme qui traîne sur la terre une vie si misérable et un corps si noir.

A bientôt mon paponcle chéri,

Votre petite fille qui vous aime de tout son coeur

                               Marie du S.C..