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Sr Françoise Thérèse à ses trois soeurs - 18 juillet 1909

De Sr Françoise Thérèse à ses trois sœurs carmélites

V+J !

De notre Mère de Caen

ce 18 juillet 1909

  Mes petites sœurs chéries,

Réjouissez-vous avec nous de ce que petite Thérèse a bien voulu faire un beau miracle le 2 juillet en faveur d'une de nos chères Novices : l'heureuse privilégiée s'appelle sœur Marie Bénigne Martin, (sujet d'élite) elle souffrait depuis environ huit mois d'un ulcère d'estomac tout ce qu'elle prenait était rejeté par des vomissements de sang devenus plus fréquents les dernières semaines et surtout les derniers jours de sa maladie car alors elle ne gardait plus rien : Notre petite sœur aime beaucoup Thérèse et ayant une grande confiance en elle demanda à sa Maîtresse la permission de lui faire une neuvaine, non seulement elle l'obtint, mais cette chère Maîtresse voulut la faire avec elle et tout son petit Troupeau, je me mis de la partie munie de toutes permissions, avec une ardeur incroyable ; il me fallait un miracle à tout prix, je ferais une brochure de tout ce que j'ai dit à notre bien aimée petite Sœur pendant cette neuvaine ; je lui disais : tu ferais tant de plaisir à notre bonne Mère en guérissant son enfant : tu ne peux pas me refuser, il faut que tu fasses ce cadeau à sa chère Maîtresse pour ses noces d'argent,(elle avait 25 ans de profession le jour de la Visitation et moi, sa première professe, neuf). Notre petite malade avait jusqu'à quatre reliques de notre Ange, sur elle, qu'elle ne quittait ni le jour ni la nuit, son état allait toujours s'agravant (sic), le dernier jour de la neuvaine pendant la récréation du matin elle souffrait comme si on lui avait arraché tout l'intérieur, c'était bien le prélude d'un miracle : je me jette aux pieds de notre si bonne Mère en la suppliant de me permettre de faire avaler à notre petite sœur un pétale de roses le seul que nous avons car j'étais bien décidée à en faire généreusement le sacrifice, je sentais que Thérèse n'attendait que cela pour opérer cette guérison tant désirée ; Notre Mère si chère, émue par ma grande foi qui ne venait certainement pas de moi, me dit : je n'ose pas prendre cela sur moi, je craindrais de provoquer un vomissement de sang, mais mettez ce pétale dans un peu d'eau et donnez la lui à boire, sitôt dit, sitôt fait ; une heure après, je porte l'eau miraculeuse qui avait pris la couleur du pétale, à notre petite malade qui la prend avec une grande confiance ; je me jette à genoux conjurant avec larmes, Thérèse de nous exaucer et je dis un Laudate avec Gloria Patri : la chère petite sœur a senti l'eau passer tout doucement sur la plaie en la cicatrisant ; elle était complètement guérie. Notre Mère le crut si bien qu'elle dit aussitôt le Laudate ; vous comprenez sa joie et celle de ma Sœur la Déposée... pour moi le bonheur m'étouffait , il m'a été impossible de souper le soir. Notre bonne Mère a pu annoncer cette bonne nouvelle à notre chère mourante qui aimait beaucoup notre petite miraculée, ce fut sa dernière joie ici-bas.

Notre chère petite privilégiée de Thérèse doit pour sa gloire, écrire le récit de sa maladie et de sa guérison que nous vous enverrons aussitôt : les reliques qu'elle avait sur elle lui étaient seulement prêtées, aussi je viens solliciter pour elle une belle image relique comme celle que vous avez envoyée à cette religieuse de Belgique qui me demandait d'y signer mon nom à la suite des vôtres ; je vous envoie sa lettre pensant vous intéresser. Je voudrais bien que la prière de la béatification soit écrite au verso de l'image, merci ! merci !

Notre Médecin ne nie pas le miracle, il veut bien donner le certificat de la maladie et plus tard celui de la guérison car il veut des preuves, disant que mal peut revenir. Francis nous a dit que quand même la maladie reviendrait le miracle ne cesse pas d'exister parce qu'une plaie ne peut pas disparaître subitement sans miracle. Je voudrais bien le miracle d'Espagne, petite Marie me l'avait promis. Le petit gazon de Marie reste vert tout l'hiver et se propage énormément comme la corbeille d'argent.

Adieu petites sœurs très aimées, je vous embrasse de tout mon cœur, priez pour qu'il devienne doux et humble comme Celui de Jésus, mon pauvre et chétif cœur, il en a bien besoin.

Sr Fse Thérèse

D.S.B.

Merci ! À notre bonne Mère, pour les lys qu'elle a eu la délicatesse de m'envoyer, nous en avons donné un à la petite miraculée qui en est ravie. Que je voudrais bien ! que Thérèse la guérisse aussi, mais je crois plutôt qu'elle viendra la chercher, sa couronne est faite.

Ne pleure pas ma petite Mère chérie, consolons-nous en regardant toujours le Ciel, nous y serons bientôt toutes.