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Sr Françoise Thérèse à Mère Agnès de Jésus - 12 juin 1910

Lettre de Léonie 12 juin 1910

V+J !

De notre Mtère de Caen

ce 12 juin 1910

  Ma petite Mère tant aimée,

Merci ! Merci ! de ton dernier envoi tant en mon nom qu'en celui de notre si chère Mère ; la vie de cette sainte Carm. paraît bien intéressante, je me réjouis de l'entendre lire et les poésies en musique, comme c'est précieux ... Nous allons bien sûre préparer la fête de notre bonne Mère pendant son absence, elle est partie en Angleterre pour environ trois semaines, nos chères exilées vont être bien heureuses de la posséder et puis il y a bien des choses à voir et à régler dans notre petite fondation ; que ce que je te confie là, ma petite Mère chérie, ne sorte pas du Carmel car c'est un secret.

Nos fêtes du 3ème centenaire ont été splendides, c'était vraiment un jour du Ciel, ma reconnaissance envers le bon Dieu est bien grande et bien vive de m'avoir faite enfant de la Ste Eglise ; j'étais ravie, transportée devant ces belles cérémonies qui se déroulaient devant mes yeux car par extraordinaire, il nous était permis à toutes, de les lever ; je t'assure que nous en avons largement profité : ce bon chanoine Deslandes qui s'y entend si bien pour organiser les fêtes, a évité avec le plus grand soin de mettre quoique ce soit devant la grille afin que nous puissions tout voir. Aussitôt après le dîner Monseigneur est entré dans la clôture, suivi de 60 prêtres environ, heureusement que notre salle de communauté est grande ; tu la connais, petite Mère chérie. Après la sortie de Monseigneur qui a été très bon et tout paternel ; nous nous sommes rendues au Choeur pour renouveler tout haut et toutes ensemble nos saints voeux en union avec tous nos Monastères, c'était un moment bien solennel et touchant. A l'occasion de ce 3e cent. Sa Sainteté Pie X qui est agrégé à notre saint Ordre (Il a reçu notre croix de nos Srs de Venise alors qu'Il y était encore Patriarche) tu comprends si c'est un honneur pour l'Institut..... Ce bon Saint Père, nous a donc adressé un Bref de toute beauté et nous a accordé des faveurs bien précieuses : quel saint ! que je serais heureuse ! que ce fut lui qui béatifie Thérèse, je le désire de toute mon âme.

Notre petite sainte a guéri encore une de nos soeurs, ce n'est pas un miracle éclatant comme celui de notre petite soeur Marie Bénigne, non, mais c'est une bien grande grâce, notre chère soeur le reconnaît bien, aussi sa confiance envers sa céleste Bienfaitrice est sans bornes : elle avait je crois un état muqueux avec une langue abominable, elle a traîné comme cela des semaines ne prenant que du lait, épuisée de faiblesse et mourant de faim, les remèdes et puis rien, c'était la même chose ; notre docteur avait une malade en ville atteinte du même mal, il disait à notre Mère que lui avec un de ses confrères ne pouvaient pas arriver à lui nettoyer la langue, enfin , ils y perdaient toute leur science et leur latin. Notre chère soeur résolut d'aller plus vite, elle commence une neuvaine à Thérèse, chaque jour sa langue se nettoyait à vue d'oeil, et le dernier, elle était parfaitement belle, elle pouvait prendre de la nourriture, ce qui lui semblait bien bon, enfin les forces sont revenues promptement ; 15 jours après, elle a repris son emploi de cuisinière à son grand contentement, elle m'a dit qu'elle aurait pu rentrer dans son office dès le lendemain de sa guérison : notre Mère a agi ainsi par prudence.

Merci de nous avoir envoyé cet : avis aux témoins, tous ces renseignements sont bien utiles.

A Dieu, ma petite Maman si chérie, bénis moi et prie pour ton indigne petite soeur et enfant qui t'aime si tendrement y compris nos deux petites soeurs qui savent si elles me sont chères aussi.

Sr Fse Thérèse Martin

de la Vtion Ste Marie

D.S.B.