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Sr Françoise Thérèse à ses trois soeurs - 25 décembre 1921

 

Sr Françoise Thérèse Martin à ses trois sœurs du Carmel

25 Décembre 1921

 

Petites sœurs si tendrement aimées,

 

Qu' il est doux de nous retrouver près du berceau du divin "Tout petit" Peut-on trouver rien de plus éloquent que cette chaire du Fils de Dieu incarné qui ne dit qu'un mot un seul mot: "Amour" non par sa langue volontairement reste muette mais par son ineffable petitesse et anéantissement. Comme il prêche hautement par son exemple la Sainte Enfance spirituelle dont Il est le Maitre et le modèle achevé. Il n'y a que cela de vraie tout le reste n’est que mensonge et affliction d'esprit. Cette sagesse incréée, je la veux de toute la force de mon âme, elle seule me ravit toujours plus, c'est pourquoi je ne puis vous souhaiter autre chose de meilleur et de plus riche, puisque c'est déjà dans le temps la possession de Dieu même. Hélas  ! pauvre petite ignorante que je suis, je ne fais que balbutier en osant parler de choses aussi sublimes, mais je vous fais part humblement de mes très faibles lumières qui ne peuvent venir, il me semble, que de Celui qui s'abaisse vers l'humble et le console. Que je suis loin cependant de l'idéal que je veux attendre en ce qui concerne l'humilité, avec le secours du bon Dieu, j'y arriverai je l’espère

J'attendais vos lettres aimées pour clore la mienne, je crains de vous ennuyer avec toutes mes dissertations; mais petite Maman me rassure en me demandant des nouvelles d'âme et de corps qui lui, s'affaisse toujours plus, grâce à Dieu! Mon ange adoré et désiré me guette, je le sens avec joie qui s'apprête à venir fondre sur sa pauvre petite proie pour l'emporter dans son royaume. Que je serais heureuse d'assister de là-haut aux fêtes de béatification de notre Thérèse