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Sr Marie du Sacré Coeur à Sr Françoise Thérèse - 26 Décembre 1921

Sœur Marie du Sacré Cœur à Sr Françoise Thérèse

+ Jésus                                                                                         26 Décembre 1921

 Ma petite sœur chérie,

Bonne et sainte année, que le petit Jésus te comble en proportion de son amour et ce n'est pas peu dire, puisqu'il aime son épouse ! d'un amour infini. C'est pourtant vrai, ma petite sœur, car nous sommes les épouses de Jésus! Quel mystère ! Quelle grandeur !

Je ne vais pas te prêcher car j'ai peu de temps, c'est licence et chacune vient à tour de rôle me déranger. Je vais donc commencer par le plus pressé.

Ne te laisse pas trop tourmenter par M. de Braglion. C'est un vrai crampon. Il faut lui faire comprendre que tu ne peux écrire que très rarement. Et figure toi qu'elle garde toutes les lettres qu'on lui écrit, elle en a de notre Mère de son temps de pensionnat. Il faut faire grande attention à ce qu'on lui dit car c'est en effet une bonne mais vraie vieille fille qui doit radoter à ses amis ce qu'on lui écrit.

Une religieuse anglaise, une missionnaire a demandé notre Mère au parloir il y a quelques jours, elle venait en pèlerinage d'actions de grâces, tellement la mission dont elle s'occupe est favorisée par notre Vénérable petite Thérèse.

Figure toi que depuis plusieurs années, il y avait auprès de la mission un puits desséché et il fallait aller très loin pour chercher l'eau nécessaire à leur établissement. Elle fait une neuvaine à notre petite sainte avec ses pauvres païens et les autres religieuses ; tous les soirs on se rend au bord du puits en priant avec ferveur. Le 4ème jour oh ! bonheur on aperçoit un petit filet d'eau, les jours suivants l'eau monte peu à peu, le dernier jour de la neuvaine, le puits était plein jusqu'aux bords. C'était, paraît-il de l'enthousiasme dans sa chère Mission (l'Ile de Ceylan) pour la "Petite Fleur". - Une autre fois, c'est un enfant nègre de 7 ans qui se mourait, cette sœur approche de son grabat et lui demande s'il veut recevoir le baptême. Il ne semble pas le désirer, disant qu'il se trouve bien comme il est. La pauvre sœur s'éloigne triste mais que faire. Elle ne peut le baptiser s'il ne le veut pas ; elle le confie à "la petite Fleur", au bout d'une demi heure elle l'entend qui l'appelle : Sœur ! Sœu r! - Que veux-tu mon enfant ? - "Le Baptême ! Bien vite, bien vite ; donne-le tout de suite car je vais mourir et j'ai vu une belle jeune fille toute brillante qui m'a dit qu'il faut le recevoir."

Tu comprends le bonheur de la bonne religieuse, elle le prépare en quelques instants, le baptise et une heure après cet heureux privilégié était dans son éternité.

Adieu, ma petite sœur chérie, on attend ma lettre, je t'embrasse bien fort et te prie d'offrir mes vœux à ta bien aimée Mère.

Ton aînée

Sr. Marie du S. Coeur

r.c.i.

 Sr M. de la Trinité écrira mercredi par Mme Lecourt.