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Sr Françoise Thérèse à Mère Agnès de Jésus - 7 octobre 1924

 

Sr Françoise Thérèse Martin à sa sœur Mère Agnès de Jésus

7 Octobre 1924

 

Ma petite Mère, tant aimée,

 

Quel coup douloureux pour nos cœurs, mais nous aimons par-dessus tout la main chérie qui nous frappe, parce qu'elle est celle de notre bon Dieu et Sauveur, qui s'apprête à couronner notre très chère aînée. Comme toi, je la trouvais depuis longtemps si surnaturelle, que j'ai plus peur de cela que de sa maladie. Moi aussi, le 30 j'étais toute mélancolisée, et le soir, j'ai beaucoup pleuré.

C'est un grand soulagement pour mon coeur, que tu veuilles bien me tenir ainsi au courant du progrès du mal; nous prions de toutes nos forces afin que le bon Dieu détourne de nous ce calice, mais s'il veut que nous le buvions jusqu'à la lie, que sa sainte volonté s'accomplisse. Je ne demande pas mieux que notre sœur chérie vienne au plus vite me chercher si elle part avant moi, mais encore en ceci, que la sainte volonté de Dieu se fasse, il nous faut l'aimer par-dessus tout. Au pied de la croix de notre doux Jésus crucifié, nous pleurons et nous aimons ensemble, car je ne me fais pas illusion, notre aînée chérie est perdue, elle est mûre pour le ciel, certes elle ne part pas les mains vides. Embrasse la bien pour moi, je l'aime tant!... je suis désolée, oui, mais aussi très, très résignée.

Je vous aime de tout mon coeur! rien ne nous unit tant que notre commune douleur.

Ta pauvre petite fille Sr Françoise Thérèse Martin

 

Je compte partir en retraite vers le 20 de ce mois, puisse-t­ -elle être la dernière... :d’ici là, qui sait? le sacrifice sera peut être consommé... fiat!

Que la terre semble vile quand on regarde le Ciel, où nos cœurs sont déjà!