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Sr Françoise Thérèse à ses trois soeurs - 23 novembre 1924

 

Sr Françoise Thérèse Martin à ses trois sœurs du Carmel

V + J ! De notre monastère de Caen ce 23 Novembre 1924

 

Petites Sœurs bien aimées,

 

Voilà notre dernier entretien avant la très douce fête de Noël la fête par excellence de l'enfance spirituelle: plus portée à en vivre que jamais, c'est là le fond de mes résolutions de retraite que j'ai passée tout entière dans une grande paix; avec ma Thérèse, j'aime à redire (je ne désire pas l'amour sensible, pourvu qu'il soit sensible pour Jésus, cela me suffit; oh! l'aimer et le faire aimer que c'est doux!)

Afin d'effectuer ce désir, voici le point principal que je veux surveiller, il porte tout entier sur mon caractère difficile qui me donne beaucoup de luttes surtout pendant la récréation, où je veux à tout prix m'y montrer douce, humble, affable, comme toi, ma sainte chérie, au point, que les sœurs disaient "nous n'allons pas rire aujourd'hui, parce que ma Sœur Thérèse de l'Enfant Jésus n'est pas là", tant tu étais pour elles le rayon de soleil qui dilatait tous les cœurs. Je compte tout à fait sur toi, pour m'aider à être bonne, aimable, condescendent envers toutes nos chères sœurs, qu'elles me soient sympathiques ou non, c'est tout un, puisque je ne veux voir en elles que Jésus auquel je désire plaire uniquement Je compte sur vos prières, petites sœurs chéries, qui je le sais ne me font jamais défaut. Mon aînée chérie, j'ai chanté la charmante chansonnette de ta résurrection, pendant la récréation, toutes nos sœurs joyeusement m'accompagnaient au et ron et ron, etc.. que c'est spirituel! tous nos compliments à la chère Mère Ss Prieure. C'est en grande partie, à ce bon missionnaire que nous devons ta guérison, aussi en reconnaissance, je vais lui donner une de mes communions; notre petite Sr Marie du St Esprit a bien fait de parler, je ne l'en aime que mieux.- Nous prenons d'autant plus part à la perte douloureuse de votre novice que nous-mêmes avons été obligées d'en rendre deux à leurs familles à cause de cette terrible maladie si contagieuse pour la jeunesse; mais quand ces épreuves viennent ainsi directement de Dieu, elles sont bien adoucies n'est-ce pas  ? Puisque nous n'aimons, nous ne voulons que sa Ste volonté.

Et tes calendriers et images, oh! que ces étrennes là nous font plaisir et comme elles nous manqueraient aussi! merci! merci! merci! de nous gâter toujours ainsi, sur ce, je vous embrasse avec une tendresse inexprimable

Sr Françoise Thérèse

D.S.B.

 

J'attendais vos chères lettres, petites sœurs très aimées merci de votre affection, ah! quant à cela je ne vous le cède en rien. L'apothéose est splendide, je m'y attendais car je connais mon artiste chérie, c'est plus que beau, c'est divin.

Thérèse est venue chercher sa chère Maîtresse, que c'est touchant, quelle mort digne d'envie.