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De sœur Agnès de Jésus à Thérèse - 25 novembre 1887

De sœur Agnès de Jésus à Thérèse.
25 novembre 1887


J.M.J.T.
Petit Jouet de Jésus,


Tu vois que j'avais bien raison en pensant que Jésus allait raccommoder sa petite balle! Je ne me
serais jamais attendue qu'il l'eût fait si bien et si promptement. Rappelle-toi, ma chérie, que les heures
désespérées sont toujours les heures de Dieu. C'est quand il n'y a plus aucun espoir, quand tout semble
perdu que Jésus endormi se réveille et commande en Maître aux vents et à la tempête. Oui, petite amie
intime du Divin Enfant, oui, tu es bien sa petite balle, abandonne-toi pour toujours entre ses mains.
Tu souffriras bien dans ta vie, ton cœur est particulièrement fait pour souffrir, mais quand Jésus est là,
quand c'est lui-même qui envoie sa petite balle au milieu des épines, les épines se changent en fleur.
Prions, prions... l'Enfant Jésus s'occupe en ce moment de sa petite balle raccommodée par son baiser
divin. Il a l'air vraiment de viser le Carmel pour l'y envoyer d'un seul coup et la faire rebondir dans sa
crèche pour y demeurer toujours. Disons-lui à chaque instant: Que votre volonté soit faite! Disons-lui:
Jésus, arrangez toutes choses pour que votre petite balle soit bien envoyée où vous voulez, à l'heure
que vous le voulez et comme vous le voulez, ne lui permettez pas de s'échapper de vos petites mains
malgré vous.
Chérie de mon cœur, je sais bien que tu penses tout cela. Oh! que Jésus t'aime, et sais-tu pourquoi
je crois plus que jamais à son appel divin? C'est parce que tu as souffert... sans la croix, on n'est sûr
de rien, sans la croix c'est l'humain, le vulgaire, sans la croix Jésus n'est pas là. Mais, console-toi, ta
vocation est marquée de ce signe sacré. L'Enfant Jésus dans sa pauvre crèche ne soupirait qu'après la
croix, ne rêvait que la croix et il a raconté son rêve à sa Thérésita chérie.
Ta petite Confidente qui a plus souffert encore que toi pour toi
Si tu savais combien Notre Mère t'aime