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De sœur Agnès de Jésus à Thérèse - 9 novembre 1887

De sœur Agnès de Jésus à Thérèse.
9 novembre 1887


J.M.J.T.


Ma Thérésita chérie,
Monseigneur attend la fin du voyage pour se prononcer. Aujourd’hui confie bien toute ton affaire à la
Sainte Vierge. Là dans cette maison bénie où elle a travaillé, prié, souffert, que de choses délicieuses
elle va faire comprendre à ton cœur. On ne va pas chez la Sainte Vierge sans se retirer les mains
pleines de grâces. O petite Maison de Nazareth, tu vaux mille fois plus que tous les palais de ce
monde! C'est vraiment là le vestibule du Ciel!... Petite Amie et fiancée de Jésus petit, n'oublie pas qu'il
a grandi sous ce toit de mystère... N'oublie pas qu'il y a pleuré souvent, bien souvent; pleuré d'amour
et de désir de voir toutes les âmes voler vers Lui, pleuré de douleur voyant que dans l'avenir si peu
l'aimeraient!
Quand la Sainte Vierge s'apercevait que son Chéri pleurait, c'est alors que bien vite elle mettait dans
sa petite main la balle mystérieuse, et Lui de sourire aussitôt... sur la balle chérie était tracé ce nom:
Thérésita de l'Enfant Jésus.
Adieu, adieu petit pèlerin, petit jouet de Jésus, ne crains rien car Jésus te dit comme autrefois à Sainte
Thérèse:
« Personne ici--bas ne pourra jamais t'arracher de mes mains! »
Ta confidente
Agnès de Jésus
r.c.ind.
Il faut aussi prier le bon St Joseph car il a lui aussi travaillé et souffert dans cette petite maison trois
fois sainte (la Santa Casa).
Ta petite lettre m'a fait beaucoup beaucoup de plaisir, ne fais pas attention à l'écriture, en voyage c'est
insignifiant.