Imprimer

De sœur Agnès de Jésus à Céline - 26 (?) novembre1887

De sœur Agnès de Jésus à Céline.
26 (?) novembre1887


J.M.J.T.


Ma Céline chérie,
Que tu es bonne ! que nous te savons gré de ton désir de la joie de Thérèse. Le bon Dieu te bénit et te
bénira toi aussi. Nous sommes bien touchées de ta conduite et ce voyage nous fera t'aimer davantage
s'il est possible.
Oui oui tu as bien fait de demander une bénédiction pour le Carmel! Notre Mère bien aimée en est
ravie. Oh! que je vous voudrais ici pour entendre tout cela en détail.
Chérie, ne crois pas encore tout gagné! Si tu savais comme Notre Père est opposé à l'entrée!... Jamais
je ne l'avais encore vu comme Jeudi. Il dit que plus il va, plus il s'enracine dans le non et quel non!
si tu l'entendais! on voit si bien que rien ne le pourrait faire changer. Enfin c'est là une permission de
Dieu. Ne faut-il pas toujours une goutte amère dans le calice de nos consolations? Le seul moyen de
faire entrer Th. à Noël serait de prier M. Révérony qu'il demande à Monseigneur d'écrire à Notre Père
son sentiment sur elle. Sans cela pas moyen, c'est trop délicat pour nous... Comment veux-tu que nous
disions à Notre Père que c'est M. Rév. qui s'occupe de la vocation de Thérèse. Cela le froisserait, il
faut que tout vienne de Mgr et de vous, il faut que rien ne puisse faire soupçonner que le Carmel agit
en dessous.... Enfin tout est entre les mains du bon Dieu, c'est visible, je crois que tout ira bien malgré
cette opposition de N.Père; d'abord il dit bien toujours que si Mgr se prononce, la porte est ouverte à
Thérèse. Mais que pour lui, s'il décide, ce n'est pas près d'être fait.
Je voudrais bien que tout fût décidé avant le retour, c'est-à-dire que M. Rév. promette à Papa de faire
écrire Monseigneur; comme cela nous serons tout à fait à l'abri !...
Adieu chérie de mon cœur.
Notre Mère bien aimée t'embrasse et je joins mes baisers au sien.
Ecris-nous ce qui se passe.