Imprimer

De sœur Agnès de Jésus à Céline - 20 novembre 1887.

De sœur Agnès de Jésus à Céline. 20 novembre 1887.                  

     

J.M.J.T.

Jésus

Dimanche 20 Novembre

Ma Céline chérie,

Tes petites lettres nous font bien plaisir, elles sont un peu rares, nous soupirons tant après un signe de vie! Mais à présent c'est presque fini. Voilà comme tout passe! O ma chérie, est-ce que cela ne te prouve pas que Dieu seul est la ville éternelle de nos cœurs ? [1 v°] J'espère que tu as beaucoup goûté les beautés presque célestes de la Rome d'ici-bas, il faut que ce voyage augmente ta foi, ta générosité et ton amour. Tu en auras tant besoin dans la vie ! Mais je ne crains pas parce que ton âme me semble déjà toute imprégnée de beau, de vrai et de bien. Elle n'est pas faite pour trouver sur la terre son rassasiement. Oh ! non, le Ciel est bien sa seule Patrie ......

Nous avons reçu de meilleures nouvelles de Léonie! Mais il ne faut pas cesser de prier car elle est si inconstante! Il faut lui obtenir l'énergie et le courage dont elle manque absolument. Ce n'est pas sa faute aux yeux du bon Dieu, mais il est certain qu'on ne pourrait lui faire prendre des engagements sans la voir tout à fait affermie dans la générosité. C'est presque un miracle à demander, mais la confiance obtient tout! Prions, prions!

Et notre Benjamin chéri? Bien sûr elle n'aura pu parler au St. Père a. Mais qu'elle ne se désole pas, les événements sont conduits par une Main Bien Aimée, la main de Dieu! Il ne lui serait pas difficile de tout diriger pour notre contentement, s'il dirige tout pour l'épreuve c'est que l'épreuve est meilleure pour nous.

Adieu petite Aînée, et chérie de mon cœur. Notre Mère bien aimée est en retraite, elle prie pour toi et moi je t'embrasse pour elle et pour moi.

sr Agnès de Jésus

r.c.ind.