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De sœur Marie du Sacré-Cœur à Céline - 24 novembre 1887

 

De sœur Marie du Sacré-Cœur à Céline.

24 novembre 1887


Ma Céline chérie,
Tu ne m'en voudras pas de cette petite demi-feuille. Je voudrais que nos lettres s'en aillent ce matin
et je n'ai pas le temps d'en écrire bien long. Il faut, ma petite Céline, tout voir du côté du ciel... Que
veux-tu c'est la vie... Ce voyage si beau c'est la vie, une véritable image de la vie qui n'est jamais sans
nuages. Le bon Dieu t'aime trop pour ne semer sur ton chemin que des roses. Mais il ne faut pas, ma
chérie, te faire trop de peine de la réponse à Thérèse, moi je la trouve si belle! Il ne pouvait dire un
oui affirmatif ce bon Saint Père: ne crois pas que ce soit Mr Révérony qui ait tout empêché. Non non,
quand Thérèse en aurait dit plus long on ne lui aurait pas répondu davantage, Notre Mère le dit bien.
Mais je t'avoue que je crois que le bon Dieu a ses desseins dans tout cela et des desseins ravissants
de miséricorde. Vis joyeuse jusqu'à la fin, le bon Dieu le veut, vis JOYEUSE malgré tout ce qui peut
arriver. Tu verras que j'ai raison de t'inviter à la joie.
Adieu petite sœur chérie, sois reconnaissante envers le bon Dieu et envers notre bon père qui vous a
fait cadeau d'un pareil voyage. Sois GRANDE, généreuse intrépide. Cela ne te va pas d'être autrement.
Sois heureuse, heureuse, heureuse, de l'audience du St Père. Et n'y dessine pas de nuages dans ce Ciel.
Tu serais une artiste malhabile. Mais si tu veux en voir à tout prix, regarde en même temps le soleil
caché derrière ce petit nuage. Quand il se décacheta il ne sera que plus resplendissant...
Je te laisse pour dernière pensée cette parole du Père pendant la retraite: « Malheur aux âmes qui ne
sont pas protégées par leurs croix ! » Oh! oui la croix protège, elle défend, c'est l'arme de la victoire....
Ta Sœur qui t'aime
M. du S.C