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De sœur Agnès de Jésus à M. Guérin - 28-29 novembre 1887.

De sœur Agnès de Jésus à M. Guérin.
28-29 novembre 1887


J.M.J.T.


Mon cher Oncle,
M. Lepelletier sait tout, il est venu voir Sr M. du S.C. Samedi. Il est dans l'admiration, dit que cette
enfant est privilégiée et destinée à de grandes choses...
Merci, mon cher petit oncle, de vos deux petits mots, vous nous parlez en père et nous vous aimons
comme des enfants.
Je connais une volonté qui n'est pas si facile à incliner que vous le pensez... Mais Dieu peut tout!
J'ai vu Notre Père (M. Delatroëtte) Jeudi soir, il m'a dit entre autres choses : Si votre petite sœur tombe
malade de chagrin, je dirai qu'elle n'avait pas l'énergie d'être Carmélite, voilà tout, mais ce n'est pas
cela qui me ferait céder.
Vous dire, mon cher oncle, ce que j'ai éprouvé en entendant cette parole, c'est impossible. J'étais
brisée. Aussitôt en sortant de là j'ai été trouver le seul confident qui met le baume sur toutes les
blessures. C'est lui qui m'a consolée et je ne sais quelle voix intérieure me disait: Ne crains rien, cette
enfant ne mourra pas dans le monde...
La suite a prouvé que cette voix était bien celle de Dieu. Adieu mon cher petit Oncle, je vous embrasse
et vous aime ainsi que ma Tante et mes deux petites sœurs.
Votre fille et FILLEULE
Sr Agnès de Jésus
Il me revient continuellement à la pensée cette belle parole des Cantiques: « Viens du Liban mon
Epouse, viens pour être couronnée, car tu as blessé mon cœur.»