Imprimer

de Marie (Marie du Sacré-Cœur) à son père M. Martin - 20 novembre 1887.

 

de Marie (Marie du Sacré-Cœur) à son père M. Martin 20 novembre 1887.

 

(Lettre écrite le jour de l’audience de Léon XIII).

 

Mon petit Père chéri,

Je viens te dire bonjour à la hâte, bonjour et bientôt au revoir ! J’attends ce revoir avec impatience. C’est si bon d’apercevoir ton cher visage derrière nos grilles. Nous avons reçu de bonnes nouvelles de Léonie, j’espère que le bon Dieu aura égard à la générosité de son nouvel Abraham et qu’Il aura pitié de notre petite Visitandine » (Léonie postulante traverse une crise). Tant qu’à [1v°] faire il n’en laissera pas pour une, elles seront toutes à Lui, tes filles. Heureux père !

Je ne connais rien de nouveau sous le soleil du Carmel qui n’est pas très brûlant en ce moment car il fait bien froid. J’entends quelquefois tes amis les poissons qui se promènent tout près de nous. On crie : (Harengs frais ! Harengs frais ! ». Pauvres petits harengs, notre père nourricier est bien loin de vos parages en ce moment. Vous n’avez pas à craindre sa ligne d’argent.

Je te quitte mon petit Père bien-aimé, pour m’en aller au chœur prier le bon Dieu pour toi. Nous veillons jusqu’à minuit en l’honneur de la Ste Vierge, c’est demain la Présentation. Notre Mère [Marie de Gonzague] est en retraite depuis hier. En voilà pour dix jours. Elle ne fait pas un grand voyage comme vous et pourtant nous en serons autant privées. Elle ne vient plus aux récréations, nous ne la voyons plus. J’en suis toute dépaysée aussi je vais aller me repayser avec le bon Dieu.

Ta fille qui te chérit de tout son cœur

Marie du S. C.