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de Pauline (Agnès de Jésus) à son père M. Martin - 9 novembre 1887

 

de Pauline (Agnès de Jésus) à son père M. Martin

            9 novembre 1887

La documentation relative au voyage à Rome, est on le sait, particulièrement fournie. « Les archives du Carmel conservent quarante quatre lettres. Les huit documents omis [en CG 1] n'apportent rien sur Thérèse et font double emploi, quant au contexte général, avec le dossier retenu pour cette édition. » (CG 1, p. 261, note 1). La lettre qui suit est l'une des huit omises alors.

 

J. M. J. T.

            9 Novembre

Père incomparable,

Céline nous écrivait de Paris toutes les bontés, les attentions touchantes que tu as pour tes deux bijoux.

J'en ai eu le cœur si touché que ce n'est qu'avec peine que j'ai retenu mes larmes. Cher petit Père, le bon Dieu te bénit, Il te bénira encore, Il te bénira toujours. [l v°] Ne te fatigue pas trop, c'est de cela que j'ai peur, s'il fallait te voir malade en rentrant ! Mais non, la Providence veille sur toi, Elle sait bien que nous avons besoin longtemps encore de voir tes cheveux blancs et de sentir ton cœur près du nôtre.

Je me réjouis de vous savoir tous les trois aujourd'hui dans la petite Maison de la Sainte Vierge (A Lorette, les 12‑13 novembre). . . Là on ne doit [2 r°] plus se sentir hors de sa Patrie. C'est la Patrie dans l'exil. Quand serons-nous donc réunis dans cette autre Patrie d'où l'on ne peut jamais sortir ?

Adieu mon Père chéri, tu ne sauras qu'au Ciel l'affection de ta petite perle et sa reconnaissance filiale. Nous prions toujours pour Léonie (postulante à la Visitation de Caen depuis le 16/7/1887; elle rentrera à la maison le 6 /1/1888). Croyons que ce qui arrivera [2 v‑] ne sera que l'accomplissement de la Volonté toujours bonne de Dieu. Ayons confiance en cette bonté infinie et toute puissante Adieu, adieu et à bientôt !

Sr Agnès de Jésus

r. c ind.

Notre Mère bien-aimée et toute la communauté prient pour les voyageurs.

[2v°tv] J'embrasse de tout mon cœur mon petit père bien-aimé, ­je ne puis lui écrire cette fois parce que la lettre pèserait trop.

Son aînée

Marie du S. C.