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Du Frère Siméon à sœur Geneviève. 5 mars 1897.

 

Du Frère Siméon à sœur Geneviève. 5 mars 1897.

 

Rome, le 5 Mars 1897.

Très bonne et vénérée Sœur,

     J'aurais voulu répondre plus tôt à votre si bonne lettre, j'en ai été empêché. J'ai lu avec bien de la joie les belles et joyeuses Noces que vous avez faites à votre vénérée Doyenne. Je me suis bien réjoui de son bon­heur et je m'estime heureux d'y avoir un peu contribué. Veuillez la remer­cier du sacrifice qu'elle a fait en ma faveur, en me cédant la belle Image peinte par vous et la magnifique Poésie de la digne Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus. Je conserverai ce souvenir qui me rappellera la chère Doyenne et ses bien-aimées sœur Geneviève de Sainte-Thérèse et l'inspi­rée Thérèse de l'Enfant-Jésus. [lv°]  

     Veuillez dire à la bonne sœur Saint-Stanislas que je suis tout à ses ordres pour demander une nouvelle Béné­diction au Grand Léon XIII pour ses prochaines Noces de Diamant (Sœur Saint-Stanislas fêtera ses noces de diamant en 1907. A cette occasion, l'évêque de Bayeux, Mgr Lemonnier, la roulera lui-même sous le cloître dans sa petite voiture d'infirme)!

     Je vous remercie, chère Sœur, des diverses poésies que vous m'avez envoyées. Votre bonne Sœur tire toujours de nouveaux trésors de son riche cœur et de sa féconde intelligence! (il s’agit de Thérèse, dont il a reçu quelques poésies). Mille mercis. Veuillez prier votre digne Supérieure d'agréer ma reconnaissance de la Circulaire de votre vénérée fondatrice qu'elle a eu la bonté de m'envoyer, cette lecture m'a grandement édifié, c'était une Ste! Celle qui a pris son nom en sera, j'espère, la parfaite imitatrice.

         [2r°] Comme je ne puis rien vous refuser, je vous envoie la Photo­graphie que vous me demandez. En la voyant ou en la faisant voir, vous voudrez bien vous rappeler que le pauvre homme qu'elle représente est vraiment très pauvre en vertus et qu'il demande des Stes filles du Carmel de Lisieux de Stes prières, pour qu'il devienne, avant sa mort qui ne peut tarder, il vient de finir ces jours-ci ses 67 ans de vie religieuse, un digne fils de son Bienheureux fondateur, le B. Jean-Baptiste de la Salle. Nous sommes pleins d'espérance de sa prochaine canonisation.

       [2v°] Le St Père a reçu Jeudi dernier les compliments de tous les Cardinaux, Ambassadeurs, des Princes Romains, etc., etc., pour l'anniver­saire de son couronnement comme Souverain Pontife. On pouvait abor­der le Vatican ce jour-là avec des Billets d'entrée. Si vous aviez été ici, j'en avais pour vous. Le St Père a répondu au discours du Cardinal doyen par un magnifique discours. Tous les assistants admiraient la liberté de savoir [ou : de sa voix?] et son admirable santé. Prions pour lui.

Veuillez, chère sœur, offrir l'hommage de mon humble respect à Madame votre Supérieure et à toutes vos Stes compagnes, me recomman­dant à leurs prières.

Votre bien dévoué serviteur
                         f. Siméon

[2v°tv] Si vous avez besoin de quelque chose de Rome, ne vous gênez pas pour me le demander. Je suis ici à vos ordres et à ceux de votre Supérieure.