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De Mme Guérin à Mme La Néele. 30 septembre 1897.

De Mme Guérin à Mme La Néele. 30 septembre 1897.

        

Lisieux 30 Septembre 97

       Ma Chère petite Jeanne

       Léonie a très bien fait de rester. La décision que vous avez prise est très bonne. Son oncle l'approuve, et vous pouvez être bien tranquilles tous les deux, elle ne sera pas grondée, au contraire. Nous l'aimons davantage encore à cause de son dévouement pour toi; ce matin, craignant qu'elle n'ait encore quelque indécision pour son retour à cause de ma lettre d'hier soir, nous avons préféré vous envoyer une dépêche pour la tranquilliser. (En fait, Léonie rentrera à Lisieux ce 30 septembre. Elle se joindra aux Guérin pour s'unir, le soir, dans la chapelle extérieure, à l'agonie de Thérèse. Cf. DE, 773 et CG, 1072.). En effet, ce matin l'état est le même, la nuit n'a pas été bonne, bien entendu, mais l'état est le même. C'est vraiment une petite victime que le bon Dieu s'est choisie. Au milieu de ses souffrances, elle a toujours la [v°] même figure, le même air angélique.

       M. l'abbé Faucon qui l'a vue hier m'a fait dire par Mme Lahaye couturière qu'il en était dans l'admiration. Il a dû la confesser, puis elle lui a demandé sa bénédiction. Mais toujours avec son petit air souriant et angélique qui ne l'abandonne jamais. Elle a toujours sa connaissance aussi lucide.

Mr l'abbé Youf dit qu'il va mieux, mais c'est le délire qui le fait parler ainsi. Il croit qu'il n'y a que la faiblesse qui l'empêche de se lever.

         Nos pauvres Carmélites sont bien éprouvées. Les jours qu'elles passent en ce moment sont bien pénibles.

         Je vous embrasse, mes chers enfants, avec toute mon affection. Je ne puis en mettre plus long, l'heure me presse.

Ta mère
C. Guérin

 

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