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De Mme Guérin à Mme La Néele. 3 septembre 1897.

3 septembre 1897

Ma Chère petite Jeanne

           Je pense que vous viendrez dimanche, néanmoins je t'écris pour vous donner des nouvelles de Thérèse. Elle est toujours dans le même état, pas plus mal. La purée que je lui ai envoyée hier a très bien passé, mieux que le lait. Mais l'après-midi elle a toujours la fièvre. Elle la prend dès dix heures le matin et dure toute la journée. Je crois que le Dr de Cornière n'est pas revenu encore (depuis le 8 ou 9 août, le Docteur de Cornière a accompagné sa femme à Plombières où elle suit une cure. En son absence, le Dr La Néele reverra Thérèse le 5 septembre. La première visite du Dr de Cornière, à son retour à Lisieux, est signalée au 10 septembre). Les fenêtres du salon et du cabinet sont toujours fermées. Si tu veux, ma petite Jeanne, apporter une petite gâterie à Thérèse, du raisin par exemple, ou autre chose qui ne se mange pas. Il paraît [lv°] qu'elle est si sensible aux petits cadeaux, aux petites attentions. Le petit panier que tu lui as rapporté de Bordeaux, je crois, lui a fait un plaisir! ! ! Il lui rappelait les petits paniers qu'elle avait étant enfant, et elle a demandé qu'on l'accroche à son lit.

       Tu vas être surprise : Léonie est à Fervaques, Céline l'a emmenée hier jusqu'à demain. Voilà comment cela s'est fait. Mr et Mme Pottier ont déjeûné avec nous, puis Gaston est parti à Bernay pour l'affaire dont je t'avais parlé. Si elle se faisait, il devait filer sur Paris pour s'occuper de son étude à lui. Donc, à quatre heures nous recevons la dépêche : Vais à Paris. - Céline était contente de voir l'affaire faite; si on avait été sûrs de cela elle aurait amené sa petite fille et serait restée chez nous. Alors elle m'a dit : Léonie voudrait-elle venir à Fervaques? Léonie qui n'avait jamais été chez Céline n'a pas [2r°] demandé mieux et elles sont parties toutes les deux. Je l'attends demain samedi après-midi. Nous allons bien. Mais ton papa trouve notre pauvre Lisieux bien humide. Cela ne va pas à sa mala­die. Vraiment on se croirait au mois de Novembre, il fait si mauvais temps.

A Dieu, ma chère petite Jeanne, nous t'embrassons de tout notre cœur ainsi que Francis.

Ta Mère qui te chérit
C. Guérin

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