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De sœur Marie de l'Eucharistie à J. La Néele. Fin juin 1897. Fragment.

 

De sœur Marie de l'Eucharistie à J. La Néele. Fin juin 1897 (?) Fragment.


(...) ciboire et la petite lettre qui l'accompagnait. Tu me le disais toi-même dans ton petit mot, tu avais fait cet ouvrage sans goût, cela t'ennuyait et cela se voyait bien. Cela m'a fait de la peine, je voudrais au contraire que puisque ma petite sœur n'a pas d'enfants je voudrais qu'elle se consacre au contraire aux ouvrages pour les Saints Autels. Qu'y a-t-il de plus beau, de plus doux que de travailler pour Jésus tout seul? que de faire un ouvrage qui doit toucher de si près le Dieu du Ciel et de la terre. Tu as du talent, tu fais des ouvrages magnifiques pour ton salon, eh! bien, consacre ce talent pour le bon Dieu je t'en supplie et tu verras qu'après le bon Dieu exaucera tes désirs. Si j'étais appelée à vivre dans le monde comme toi, j'aurais fait tout mon possible pour me dépenser aux œuvres du bon Dieu, on peut faire tant de bien, mais ma petite Jeanne a un peu trop peur de se donner du mal, elle aime bien à ne pas se gêner. Mais je suis sûre qu'elle va changer de conduite maintenant et elle verra comme sa santé s'en ressen­tira en bien.

Pour te consoler je te dirai que ton petit voile de ciboire est devenu ravissant et le plus beau, je crois, de l'exposition. Ma Sr Geneviève a retouché aux Saints Noms, les a embellis, puis d'après ce qu'Anne-Marie nous avait dit, les autres voiles n'avaient qu'une petite [2v°] frange tout autour, et au tien nous avons mis en plus un galon d'or. Il était ravissant, nous avons voulu que le travail de notre petite sœur soit beau.

     Je ne te fais pas de peine, n'est-ce pas, ma chère petite Jeanne, par tous mes petits conseils, tu sais que c'est par affection que je te dis tout cela, c'est parce que, vois-tu, nous avons des parents si saints qu'il faut bien que leurs enfants leur ressemblent, et les pauvres enfants sont bien loin de cette ressemblance, nous en rendrons compte au bon Dieu, nous avons beaucoup reçu par l'exemple de nos parents et il nous sera à cause de cela beaucoup demandé. Une très bonne méthode de devenir sainte, c'est de faire chaque mois une retraite d'un jour, je le faisais toujours dans le monde, cela ne m'empêchait pas de me promener et de faire ce que l'on voulait de moi. Ce qu'il y a surtout d'important dans ces retraites, c'est de faire l'exercice de la préparation à la mort. Quand on pense à ce que l'on aurait à donner au bon Dieu si l'on mourait dans le moment présent, cela fait peur du peu que l'on a, et cela augmente notre ferveur. Je faisais chaque année une grande retraite à La Musse, je m'enfonçais quatre fois par jour dans le bois et je faisais là une 1/2 heure d'oraison. Je ne le disais à personne, afin de ne pas gêner (...)

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