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De Marie Guérin à Mme La Néele - 10 janvier 1891.

 

De Marie Guérin à Mme La Néele. 10 janvier 1891.

Lisieux 10 Janvier 91
Ma chère petite Jeanne,
Nous venons de recevoir ta lettre, il paraît que ce pauvre Francis est bien enrhumé, ce n'est pas bien
étonnant, pense que chez nous le thermomètre est descendu à quatorze degrés. Francis doit avoir
bien des malades, de tous côtés on entend se plaindre de maladies. [1 v°] Quant à notre maisonnée tout le
monde est rétabli, j'ai pris une limonade hier, et aujourd'hui c'est le tour de Céline, je crois vraiment que
nous avons toutes eu un commencement d'Influenza.
Hier nous avons reçu des visites, M. et Mme Edouard Puchot et M. le Docteur Notta et Mme, nous étions
à la visite puisque du temps qu'il fait nous recevons dans le petit salon qui est bien chauffé. Il n'y a que la
pauvre Léonie qui n'assiste pas aux visites à cause de tous les boutons qu'elle a autour de la bouche.
Ma chère petite Jeanne je te remercie de la bien bonne réception que tu m'as faite pendant les quelques
jours que j'ai passés à Caen. Je me suis beaucoup amusée, et le lendemain cela me semblait tout drôle de
reprendre mon petit train train. Cela ne fait rien mais j'en veux toujours un peu à Francis qui disait que
j'étais plus contente de partir que d'arriver, enfin je commence à lui pardonner. Adieu ma chère petite
Jeanne, je t'embrasse de tout cœur ainsi que Francis.
Ta petite sœur Marie.
Léonie et Céline se joignent à moi.

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