Imprimer

De Marie Guérin à Mme La Néele - 24 juillet 1891. Fragment.

 

De Marie Guérin à Mme La Néele. 24 juillet 1891. Fragment.

La Musse 24 Juillet 91
Ma chère petite Jeanne,
Depuis que tu nous as quittés, la Musse n'est qu'en pleurs et en grincements de dents. Le temps, le
premier, a des crises de colère affreuses, il s'arrache les cheveux de désespoir et sa crinière trop bien
fournie vient tomber sur la Musse avec fracas. Plusieurs accidents nous sont arrivés ces jours-ci, causés
par ces pluies torrentielles. L'autre jour nous sommes [1 v°] allés à Evreux. Arrivés au cimetière une
ondée épouvantable, suivie d'un grand coup de tonnerre, nous a surprises avec nos plus beaux atours mis
pour aller voir la fameuse dame aux petites cocottes blanches. Tu devines, n'est-ce pas? ma bonne amie
Mme Euch. Je suis les principes de ma tante Clémence (Pigeon, appelée « ma tante » par les Guérin)
qui ne met les noms qu'à demi dans ses missives. Ce principe est grandement applaudi par maman qui,
chaque fois que je t'écris, m'envoie porter ma lettre au grand conseiller pour savoir si elle peut arriver
jusqu'à Caen sans encombre.
N'ayant pas trouvé la dame aux petites cocottes nous avons fait plusieurs commissions. C'est que nous
attend (...)

Retour à la liste des correspondants