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De Marie Guérin à Mme La Néele - 11 septembre 1891.

 

De Marie Guérin à Mme La Néele. 11 septembre 1891.

Ma chère petite Jeanne,
Je ne t'écris aussi qu'un petit mot pour te dire que nous t'attendons demain soir samedi 12 septembre 91 à
n'importe quelle heure, le plus tôt possible, mais enfin vaut mieux tard que [1 v°] jamais !
Nous sommes Céline et moi harassées de fatigue, dès sept heures ce matin jusqu'à onze heures nous
n'avons été qu'en commissions pour notre fête de Dimanche. Nous faisons du mieux possible aussi je
crois que tout sera réussi. C'est surtout notre dîner qui nous donne beaucoup de tablature, pense !... c'est
nous qui faisons les commandes, maman [2 r°] arrivera au dîner sans savoir ce qu'elle mangera. Pour la
fête de nuit j'ai 48 lanternes vénitiennes pour le petit bois. Tu me parles de feu d'artifice dans ta lettre, je
te recommande les oreilles de ma tante Clémence et la sagesse de bonne maman qui n'aime pas les fêtes
bruyantes, et la tête de ma tante Joséphine. Toutes choses sans bruit plairont mieux, je te laisse sur ce,
faire ce que [2 v°] tu voudras. N'oublie pas la corbeille de fleurs, cela a peut-être dérangé Francis d'aller
jusque chez Lelandais. N'oublie rien encore une fois, excepté, oh ! excepté toutefois toutes tes vieilles
douleurs !... Celles-là laisse-les chez Lelandais ou dans toute autre promenade à la campagne...
Adieu ma chère petite Jeanne, je t'embrasse de tout mon cœur ainsi que toute ma famille. Que Francis
reçoive les mêmes baisers. Tout le monde est heureux de te savoir mieux portante, petite [1 r° tv]
malheureuse, tu nous aurais troublé notre fête... mais enfin il vaudrait mieux manquer la fête à tes petites
sœurs que de retomber malade... aussi nous nous attendons à toutes les déceptions, cependant l'espérance
surnage encore plus fort au milieu de tous ces vilains vents.
Ta petite sœur
Marie

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