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De Mme Guérin à Jeanne La Néele - 2 mars 1893.

 

De Mme Guérin à Jeanne La Néele. 2 mars 1893. 

Lisieux 2 mars 93.

Ma Chère petite Jeanne

C'est moi qui continue la lettre que maman avait commencée non pas parce qu'elle est plus souffrante, mais simplement pour éviter la fatigue.

Papa t'avait écrit que maman était plus souffrante, je viens donc te rassurer. Il est vrai que cette chère petite mère a gardé le lit hier toute la journée, mais elle ne s'est nullement tracassée, au contraire elle était assez gaie, elle a travaillé une bonne partie de la [1 v°] journée et a trouvé ce qu'elle éprouvait très naturel. Moi, qui suis habituée à voir toutes les périodes de la maladie, je trouve qu'il y a un très grand progrès, et si maman a gardé le lit hier, c'était simplement par précaution. Aujourd'hui elle va mieux et espère se lever pour faire son lit. Elle remercie bien son Francis des encouragements qu'il lui envoie, sa lettre lui a fait bien plaisir.

Maman me charge de te rappeler que tu as promis à Céline de lui écrire, celle-ci réclame très fort un petit signe de vie de sa Jeannette.

[2 r°] Adieu, ma chère petite Jeanne, je t'embrasse très fort avec Francis. Tu me feras savoir quand il me sera possible de t'envoyer deux gros baisers sonnants comme à mon Franco.

J'espère que cela ne se fera pas attendre.

Ta petite sœur,

Marie

Veux-tu s'il te plaît, nous rapporter les paniers que nous t'avons prêtés. Maman, papa, Céline, Léonie vous embrassent bien.

Excuse l'écriture, je suis très pressée depuis quinze jours ma maîtresse de piano m'a abandonnée, j'ai moitié plus de courage pour étudier, aussi mon pauvre instrument pousse beaucoup de gémissements plaintifs.

Pense à la neuvaine de St Fois Xavier qui commence Samedi (neuvaine de la grâce, du 4-12 mars. Les familles Martin-Guérin la faisaient volontiers. Thérèse elle-même y sera fidèle en 1897 pour demander de « faire du bien après sa mort »), tu sais qu'on obtient la grâce que l'on demande

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