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De Mme Guérin à Jeanne La Néele - 23 février 1893.

 

De Mme Guérin à Jeanne La Néele. 23 février 1893. 

[2 v°] Je n'oublie pas non plus que c'est demain que ma chère petite Jeanne prend ses vingt-cinq ans. Aussi aujourd'hui le portrait de ta Tante est décoré de perce-neige et de violette. J'ai même mis une petite violette au portrait du bon Curé Hébert. C'est que, vois-tu, j'ai une grande confiance comme toi dans ces saintes âmes. Elles obtiendront, je l'espère, à ma chère petite Jeanne, beaucoup plus de grâces que je ne pourrais en obtenir. Et tu sais, ma chérie, tout ce que je souhaite pour toi ; tu sais qu'une mère souhaite toujours pour son enfant ce qu'il y a de meilleur. Aussi en m'adressent au bon Dieu par l'entremise de ces saintes âmes, je sais qu'il répandra sur ma fille chérie ses plus douces bénédictions, car n'est-il pas plus père que tous les pères ensemble. Aussi, jetons-nous dans ses bras avec une entière confiance, sans nous inquiéter de l'avenir, mais seulement de faire tout ce que nous pouvons pour lui faire plaisir. Ton papa se joint à moi pour te souhaiter un bon anniversaire. Il a été souffrant aujourd'hui d'une sorte de courbature, il se fatigue beaucoup ; ce soir il va mieux, il a vu l'abbé Quesnel (Albert Quesnel, voisin des Buissonnets, avait souhaité épouser Céline), qui est revenu souffrant. Je vais toujours bien, je ne garde pas encore la chambre.

Je n'ai pas pensé à  te dire dans mes lettres que la famille Maudelonde va probablement avoir une maison. La maison Bouctot ou de Mr Buquet Avoué. Ce n'est pas encore tout à fait fait, mais c'est en bonne voie. Adieu, ma chérie, l'espace me manque, mais je puis toujours t'embrasser de tout cœur ainsi que Francis. — Je crois bien que je n'aurai pas besoin du Docteur (Francis lui-même) avant quinze jours, mais de Francis et de Jeanne dès que vous voudrez.

Ta mère

C.G.

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