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De Mme Guérin à Jeanne La Néele - 26 juin 1891.

 

De Mme Guérin à Jeanne La Néele. 26 juin 91

26 Juin 91
Ma Chère petite Jeanne,
J'ai oublié, je crois, dans ma dernière lettre de te dire que Léonie et Céline prendraient demain le train de

7 h 34 du matin et arriveraient à Caen à 9 h. Je pense que ma lettre va arriver trop tard pour que tu puisses
envoyer la voiture au-devant d'elles à la gare, si toutefois le cheval est disponible. Car je vois Céline très-
fatiguée ce soir, elle doit aller le matin avant déjeuner voir son père (dernière visite à M. Martin avant
le départ pour la Musse le 29) et je crains qu'elle ne soit encore gênée. Dans [1 v°] tous les cas, si ma
lettre arrive trop tard, ou bien si Marinette (la jument du Docteur...) est occupée, il ne faut pas du tout
t'en contrarier. Elles prendront la voiture pour aller voir leur père ou elles prendront une voiture de place.
Elles te porteront tout un panier de plantes que ton père a arrangées avec un bonheur très-grand pour ses
chers enfants. C'est une très-grande corbeille ronde, les enfants la laisseront à la consigne, parce qu'il faut
qu'elle soit portée sur une brouette, bien droite, il ne faut pas qu'elle soit sens dessus dessous. — Nous
avons passé une bonne après-midi avec Mlle Glaizot (Anne-Marie Glaizot (1868-1940), amie intime de
Céline. C'est elle qui eut l'initiative d'un petit atelier de couture pour les pauvres, travail dont Céline
parle le 3 septembre . Orpheline de mère, elle aimait beaucoup Mme Guérin et l'appelait « ma tante ») et
Mesdames Primois (Mme Primois (+ 1903) et ses deux filles célibataires, Marie et Jeanne (celle-ci + 1er
juillet 1897) habitaient la même rue que les Guérin). On s'est occupé de photographie et je crois qu'on a
très-bien réussi. Jeanne Primois a déjà photographié et [2 r°] a donné de très bons conseils. Enfin tout le
monde est content.
Je t'attends demain soir, ma petite Jeanne, j'espère que les malades vous permettront de partir. Tu as laissé
ici une paire de gants et ton livre de messe, puis une chemise à ton mari.
Adieu, ma chère petite Jeanne, à demain, cela semble bon de se voir tous les huit jours, malheureusement
cela ne durera pas (à cause du séjour à la Musse, du 29 juin au 13 août).
Je t'embrasse de tout mon cœur ainsi que ton bon mari.
Ta mère toute dévouée,
C. Guérin
Maman est revenue ce matin en bonne santé, très-heureuse d'avoir vu ses petits-enfants et leur
installation, et très-contente de son voyage.

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