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De Mme Guérin à Jeanne - 18 mars 1891. Fragment.

 

De Mme Guérin à Jeanne. 18 mars 1891. Fragment.

Lisieux 18 Mars 1891
Ma Chère petite Jeanne
Tu es toujours bien ma bonne petite Jeanne qui aime toujours bien sa maman et sait lui dire des choses
qui lui vont tout droit au cœur. Je suis bien fière de l'affection toute filiale de mon bon Francis et je suis
tout heureuse de penser que mon petit cadeau lui a fait plaisir. Je serai bien contente aussi d'aller passer
quelques jours avec vous après Pâques. Je t'assure que le Carême me paraît long aussi ; Madame Mouton
est bien bonne de désirer autant ma visite, mais les siennes sont cependant beaucoup plus [1 v°] rares que
les miennes ; voici le printemps, j'espère qu'elle va se décider à vous accompagner aussitôt qu'elle pourra.
Elle nous fera bien plaisir. Ma santé est toujours meilleure, mais ce qui me contrarie ce sont mes yeux,
je pense que c'est la faiblesse que j'éprouve en ce moment, mais cette après-midi j'ai été forcée de quitter
mon ouvrage. — Cette pauvre Céline a été bien souffrante hier chez toi. Aujourd'hui elle est mieux, mais
ce matin elle avait encore quelque chose de trouble dans les yeux. Nous sommes décidés maintenant à
ne pas la laisser aller aussi souvent voir son père. D'ailleurs elle a été la première à en convenir. Elle se
fait des émotions tellement fortes que sa santé en est tout à fait altérée. Je crois qu'il est bien temps d'y
remédier. Elle me charge de te remercier de tes bontés pour elle et de bien t'embrasser. Tu es bien gentille
de m'avoir écrit aussitôt (...)

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