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De Mme Guérin à J. La Néele - 5 juin 1894.

 

De Mme Guérin à J. La Néele. 5 juin 1894. 

5 juin 94

Ma chère petite Jeanne

Ce matin M. Martin a eu une très forte crise. Au moment où on allait le lever, il est devenu tout noir. Désiré a cru que c'était fini, il a appelé  ton papa qui est accouru avec de l'éther, et cela a encore passé. A la suite, il a rendu son lait et le voilà encore soulagé une fois. Il paraît que le pouls ne battait plus. Ton papa nous a vite envoyés chercher à la messe où j'étais allée avec Céline et Marie ; et lorsque nous [lv°] sommes arrivées, la crise était passée. Elle a été beaucoup plus forte que celles de dimanche, a dit ton papa. Cela devient bien grave, et d'un moment à l'autre nous devons nous attendre à un accident. Voyant cela j'ai envoyé chez Mlle Berthault, lui dire d'attendre aux derniers jours pour faire les robes de noce (noce de Céline Maudelonde, le 19 juin), car je ne sais ce qui nous attend.

Hier soir, bonne-maman a eu une crise, on est venu chercher ton papa à dix heures. La journée avait cependant été assez bonne. J'étais allée la voir, et nous avions été ensemble jusqu'à St Désir. Cela lui faisait plaisir. [2r°] Ton papa y est en ce moment, je ne sais si je vais pouvoir t'en donner des nouvelles avant l'heure du Courrier. — J'ai écrit hier pour le beurre. — Vas-tu mieux de ton estomac ?

Je t'embrasse de tout mon cœur ainsi que Francis et aussi ta petite Marthe.

Ta Mère

C. Guérin

Ton papa arrive de voir bonne maman. La crise a cessé tout à fait vers une heure, ce matin elle est bien faible. Mon mari lui a fait promettre de ne pas bouger de sa chambre, car il pense que cette crise est la conséquence du mouvement qu'elle se donne. Aimée le dit aussi ; elle est toujours en mouvement.

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