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De Madame Guérin à Jeanne La Néele - Mai-Juin (?) 1892. Fragment.

 

De Madame Guérin à Jeanne La Néele. Mai-Juin (?) 1892. Fragment. 

Merci, mon bon Francis, pour tout le soin que vous prenez de votre oncle Martin. Je vous dirai que moi aussi je suis bien votre ordonnance et que j'ai déjà pris deux bains. J'espère continuer jusqu' ici je m'en trouve bien. Encore une consultation, mon bon Francis, pensez-vous que Marie puisse quitter ses gilets de santé sans inconvénient ? Je m'aperçois que ma lettre devient une vraie lettre de consultation, et c'est pourtant ce que je ne veux pas. Si le Dr Notta avait prévu le cas dans son livre « Médecins et Clients », il l'aurait bien sûr signalé [2v°] et l'aurait stigmatisé d'importance. Aussi je reviens bien vite à un autre sujet. Je vois que vous avez fait beaucoup de choses depuis votre retour de Lisieux : choisi une statue pour le reposoir, planté les géraniums, averti la bonne (pour la congédier). C'était là surtout le grand point qui tourmentait tant ma pauvre Jeanne, le grand pas est fait, maintenant il s'agit de trouver quelqu'un de très-bien. C'est là la grande difficulté. Je vous engage beaucoup à vous adresser à Saint-Joseph. C'est lui qui a fait trouver à Céline sa Justine et comme ce bon saint s'occupe beaucoup des grâces temporelles, j'ai bien confiance en lui. Vous êtes plus avancés que nous qui n'avons pas encore choisi la statue pour notre reposoir (pour la procession du Saint-Sacrement, soit le 26 juin en 1892. Sœur Geneviève notera à ce propos : « Je me souviens qu'au reposoir fait chez mon Oncle... nous avions placé Papa dans le bureau dont la porte ouverte donnait près de l'autel. Il était entouré de toute la famille. Après la bénédiction, M. le Curé entra avec le Saint-Sacrement et le plaça sur la tête de notre Père chéri. »)

Vous voyez, mon bon Francis, que vous aviez bien tort de me demander de vous écrire, car je ne vous apprends rien de nouveau et ma pauvre lettre ne vous intéressera guère, mais, voyez-vous, tout est calme dans notre Lisieux, ou tout au moins les nouvelles ne viennent pas jusqu'à moi. Aussi il ne me reste plus, mon bon Francis, qu'à vous assurer de toute notre affection pour vous et notre chère petite Jeanne qui avait peur d'avoir fait de la peine à son papa dimanche. Nous vous embrassons tous les deux de tout cœur.

Votre mère toute dévouée.

C.G. 
 

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