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de Pauline (Agnès de Jésus) à son père M. Martin - Vers le 20 juin 1888.

 

de Pauline (Agnès de Jésus) à son père M. Martin

            Vers le 20 juin (?) 1888.

J. M. J. T.

Jésus !

Mon petit Père chéri,

J'ai une inquiétude. N'y avait-il rien dans la petite poche intérieure du sac ? Tu devines ce que je veux dire. Pour en laisser la surprise à Notre Mère bien aimée (c'est la fête de Marie de Gonzague le 21 juin). Je n'en dis pas plus long. . . Sr Marie va attendre la réponse, si c'est non, dis-le lui sans donner d'explication.

Petit Père bien aimé le Cœur de tes trois petites filles est si rempli d'affection et de tendresse pour toi qu'il est impossible de l'exprimer.

Hier j'ai vu quelque chose de mélancolique sur tes traits et quelques larmes dans tes yeux (Thérèse a rejoint ses deux aînées au Carmel le 9 avril, et le 15 juin, Céline a fait part de sa vocation religieuse à son père). Ne pleure [2 r°] pas mon Père chéri, ou bien verse des larmes, de joie car ce n'est pas à un Epoux mortel que tu nous sacrifies, mais à Dieu « qui ne meurt pas ! » Un jour dans l'éternité tu recueilleras des fruits de gloire sur cet arbre de la croix qui ne donne ici bas que des fruits amers. Mais que le sacrifice est doux pour un cœur qui aime Dieu ! [2v°] Les Saints désiraient la souffrance parce qu'ils y voyaient clair ! Ils plongeaient d'avance leur regard dans l'Eternité et la vanité de toute chose leur était révélée en même temps que la vérité de l'unique nécessaire.

Adieu notre tout ici-bas après Jésus, jamais nos trois cœurs n'ont été plus à toi.

Alléluia ! toujours, même après le temps pascal.

Ta pauvre petite perle

Sr Agnès de Jésus

r. c. ind.

Merci des bouteilles de vin et des pommes et de tout….

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