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De Léonie Martin à sœur Geneviève. 18 juillet 1897.

18 Juillet 1897

Ma très-chère petite sœur,

Voilà bien la vie : des séparations continuelles... toujours voir partir ceux que nous aimons !

Nous sommes à la veille de perdre celle qui faisait notre joie sur la terre. Petite sœur, ne la pleurons pas, mais réjouissons-nous avec elle, ce sera un Ange de plus pour nous dans ce beau Ciel qu'elle nous aidera à gagner. J'envie son bonheur et je ne peux pas demander à Dieu sa guérison, je trouve que ce serait aimer ma petite sœur pour moi, en allant contre la volonté du bon Dieu, oui c'est bien visible qu'il va s'empresser de cueillir ce lys si pur qui lui appartient avant tout, car Il nous l'avait seulement prêté. Je sais que tu vas me comprendre, ma petite Céline, et que tu partages mes sentiments. Ce m'est un grand soulagement de savoir que c'est toi qui soignes notre petite sainte ; comme elle doit t'embaumer de ses vertus ! Si tu pouvais mettre tout ce qu'elle dit par écrit que ce serait consolant pour moi d'avoir tout cela, car je n'ai pas comme vous, petites sœurs si aimées, le bonheur d'être auprès de ma sœur chérie, mais je n'en suis pas digne non plus, et peut-être serais-je moins courageuse que vous. Jésus fait bien de m'imposer ce sacrifice. Je savais bien l'autre jour que je voyais notre ange pour la dernière fois ici-bas, aussi mon cœur a éclaté.

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