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De Léonie à Thérèse - 20 juillet 1887

 

 

De Léonie à Thérèse.
20 juillet 1887


De notre Monastère de Caen le 20 Juillet 1887


Ma bien aimée petite sœur,
Je ne veux pas laisser partir la lettre de ma chère Céline sans ajouter un petit mot pour toi. Merci de ta
charmante petite lettre, tu as bien compris mes intentions, c'est bien comme cela que je veux toujours
que tu m'écrives.
Voilà déjà un mois aujourd'hui que j'ai eu le bonheur de connaître pour la première fois notre très-
honorée Mère (Mère Marie-Stéphanie Lejeune) et notre bonne Maîtresse du noviciat (Mère Marie de
Sales Lefrançois). Je suis bien heureuse, ma petite sœur chérie, au milieu de ma nouvelle famille; ici je

suis entourée d'affection. Quelle différence avec les Clarisses, que cela me semble bon! Le bon Dieu
m'a fait de grandes grâces, car c'est Lui qui m'a conduite ici, comme par la main; je crois que c'est bien
là qu'il me veut; prie pour moi, ma bien aimée petite Thérèse, afin que je ne me trompe pas. De mon
côté je pense beaucoup à toi, je n'oublie pas la grâce que tu désires tant obtenir, Sois donc tranquille,
ma chérie, rien n'est impossible au bon Dieu.
Notre cellule donne sur le préau où j'aperçois un beau Calvaire qui a été placé cette année le dimanche
de la Passion. Oh ! que cela donne du courage pour souffrir tout ce qu'il y a de plus amer, quand on
considère un Dieu qui a tant souffert pour nous. Je vois aussi les deux clochers de St-Etienne et je
pense que le bon Dieu est tout près de moi, puisqu'il est réellement présent dans nos églises. Ainsi tu
vois que je suis bien heureuse, envie mon bonheur, cela t'est permis, car c'est bien le seul digne d'être
envié sur la terre, tout le reste n'est que néant.
Je te charge, ma bien aimée petite sœur, de dire bien des choses de ma part à tous ceux que j'aime, en
particulier à mon bon petit père que j'aime tant.
Ta sœur qui a plus d'affection pour toi que jamais.
[Léonie]

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