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De Léonie à Céline - 23 septembre 1891.

De Léonie à Céline. 23 septembre 1891.

Caen, 23 septembre 1891
Ma bien chère petite Sœur,
J'ai bien peu de temps à te donner, car je suis constamment avec Jeanne ; ma vie pendant ces jours est une
vie de dévouement et je crois que je m'en acquitte bien. Du reste Jeanne est très-bonne et affectueuse.
Sœur chérie, deux mots seulement sur la Visitation : j'ai eu un excellent parloir avec ma bien aimée
Mère ; quel trésor le bon Dieu m'a donné en elle ! J'ai pour cette incomparable Mère une vénération
bien profonde et tout ce qu'elle me dit, je n'en doute pas, c'est Dieu qui me parle par sa bouche. Je lui ai
demandé si elle jugeait à propos de me mettre en rapport avec la Supérieure de Paray ; elle m'a donné
deux mois d'attente, c'est-à-dire jusqu'au 21 nov., fête de la Présen-tation. « Jusque-là, m'a-t-elle dit, ne
vous occupez de rien, n'y pensez nullement puisque vous vous remettez entièrement sous ma direction, je
me charge de tout, ne craignez rien. »
Ma chère Céline, je suis sur la croix, mais je ne m'en plains pas, au contraire, je suis heureuse d'y être,
je ne donnerais ma place pour rien au monde. J'ai versé bien des larmes devant le tabernacle, après mon
parloir, je te raconterai tout en détail samedi soir, je ne me coucherai pas sans t'avoir tout confié, tu
comprendras alors mon immense souffrance qui est égale à la délicieuse paix dont mon cœur est inondé,
parce que je sens que c'est Dieu qui veut tout cela pour le plus grand bien de mon âme.
Ta petite sœur qui t'aime profondément, n'es-tu pas ma bien-aimée sœur de larmes ?
[Léonie]

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