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De Léonie à Mme Guérin - 31 mai 1885.

De Léonie à Mme Guérin. 31 mai 1885.

Ma bien chère Tante,

Je ne voudrais pas laisser partir la lettre de Marie, sans y joindre un mot ; aujourd'hui je n'aurais aucune excuse et je ne voudrais pas laisser passer votre séjour dans le beau chalet de Deauville, sans vous témoigner mon affection. Oui ma bonne petite Tante, je vous aime, vous le savez bien, et quand je me rappelle, toutes les bontés que vous avez eues pour moi, j'en suis toute confuse et je ne sais comment vous remercier ; j'aime à me ressouvenir des quatre jours que j'ai passés avec vous ; qu'ils étaient doux [1 v°] pour moi les entretiens que j'ai eu plusieurs fois avec ma Tante chérie ! Vous savez sur quel sujet [est-ce sur son désir d'entrer chez les Bénédictines de Lisieux?].

Il faut que je vous dise aussi que votre grande fille va prendre ses vingt deux ans mercredi prochain, j'espère, ma bonne Tante, que vous ne m'oublierez pas auprès du bon Dieu, afin qu'Il achève en moi le travail qu'Il a commencé.

Vous allez bien vouloir dire à mes chères petites cousines que je les embrasse bien et que je les aime bien tendrement. Veuillez dire à Marie que c'est sa chère petite Céline [Maudelonde - ce 31 mai, elle renouvelle sa communion solennelle] qui a quêté aujourd'hui, avec une seconde Communiante qui est bien trop grande, cela n'était pas beau à côté de sa petite cousine qui était si gentille.

[2 r°] Je ne puis prolonger ma lettre plus longtemps, j'aurais peur de me mettre en retard pour les Vêpres. C'est avec regret que je vous quitte, mais je me console en pensant que bientôt vous allez revenir pour ne plus nous quitter, je l'espère.

Quand vous verrez ces demoiselles Pigeon, ayez la bonté de leur présenter mon respect et de dire à Mlle Joséphine que je désire beaucoup qu’Elle laisse ses maux de tête à la mer.

Votre petite nièce qui vous aime bien tendrement.

Léonie

Enf. de Marie

Lisieux, 31 Mai 1885.

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